Le job

Il y a peu, une copine est passée me voir. Et on commence à discuter normal :
-Alors t’écoutes quoi en ce moment ?
-Ben écoute là je suis à fond sur old mcdonald et sa ferme je suis à fond je peux même la faire à la maracas.
-Oui non mais… Bon laisse tomber. Et tu penses à des trucs tu fais des trucs ?
-Ben l’autre fois je me demandais, cette conne d’araignée gypsie à sa gouttière là, elle pèse 20 kilos pour tomber comme une merde dès qu’il pleut ?
-Non mais je veux dire autre chose que des trucs de bébé quoi merde !!
-Alors figure toi que j’ai réalisé que quand tu touches les couilles de…
-STOOOOOOOOOOP !!!!!! Tu sais quoi ? Faut vraiment que tu trouves du boulot meuf…

Et c’est comme ça que j’ai commencé à chercher du boulot. Alors comment tu cherches du boulot, quand, comme moi, t’as autant envie d’aller bosser que de te pendre ? Mmh ? et bien en cherchant un job que tu peux pas avoir bien sur !
Et encore, j’ai même pas eu besoin de le chercher le job que tu peux pas avoir on me l’a amené sur un plateau. DRIIING « Allo ? » « Ouais Did écoute je t’envoie une offre qui pourrait t’intéresser ! ». Et effectivement c’était une offre très intéressante hein, de la coordination dans un truc médical, super. Et puis surtout parfaite pour moi puisque je suis éduc et que c’est un poste infirmier ! Ahah ! Le job impossible à avoir j’veux dire. Bonjouuuuur ! Je suis caissière mais chirurgien ça me dirait bien ! Du coup je le signale à ma pote, dis donc c’est sympa mais je suis pas infirmière hein. Et là, réponse de la mort : « écoute Did, c’est de la coordination, faut pas piquer ni prendre de tension alors c’est bon tu peux le faire, postule rapido stp ça urge ».
Et là c’est le deuxième argument job que tu peux pas avoir puisque ça c’était au mois de juin, et moi j’ai pas de mode de garde pour le lardon avant septembre du coup ça urge dans ton cul si tu veux mais pas dans le mien merci !

Telle une guedine que je suis je décide néanmoins de postuler. Rapidement donc. Et va faire une lettre de motive quand tu sais pas pourquoi tu postules et que t’as pas les qualifs… Bonjouuuuur ! Alors et bien écoutez ça a l’air sympatichounet comme tout votre poste du coup you need me bitch ! pourquoi, je ne sais pas, puisque le médical j’y connais rien, je trouve les infirmières sexy et je les aime bien mais sinon je connais pas leur job, j’aime pas les médecins je les trouve cons comme des ballons et j’ai aucune idée de ce que vous faites ni pourquoi vous le faites, mais j’ai très envie de le faire aussi. On se rencontre ? ».
Ou a peu près.
On est d’accord que c’est le genre de profil, t’es boss, tu vois le cv et tu dis à la secrétaire d’investir direct dans une broyeuse.

Donc quelle ne fut pas ma surprise, deux jours plus tard, d’avoir un coup de fil de la sus nommée secrétaire pour un entretien dans la foulée.
Donc là je me suis dit je fais quoi… J’y vais j’y vais pas ? Ben j’y vais bien sûr, ça fait toujours de l’entrainement, puisqu’effectivement à partir de septembre lardon étant à la crèche il faudra bien que je trouve du taf, donc un entrainement après des moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis d’inactivité professionnelle je me dis que ça peut pas faire de mal.
Donc du coup je prépare… ben rien du tout hein. Je vais me casser l’arrière train pour un poste que j’ai aucune chance d’avoir.
Et le jour j, à l’heure dite, hop me voilà fraiche et pas prête du tout pour mon entretien.

Et là… C,’est le début du grand n’importe quoi le wtf le plus total que j’ai jamais vu ça de ma vie. Donc le big boss m’accueille, très sympa, hyper dynamique, qui te propose un café. Déjà là j’hallucine… Moi, tous les entretiens que j’ai eu pour des cdi, t’as le big boss, 3 sous chefs, le président de l’asso quand c’en est une et jamais ô grand jamais on te propose un café !!! Ben là, le mec il est tout seul et il arrive avec sa cafetière « c’est tôt quand même, p’tit café ? ». Mais que ? P’tit café ? Ben… Oui, avec plaisir, les entretiens avec la petite moustache de mousse c’est kiffant je trouve.

Donc il me regarde et me met cash dans le truc « qu’est ce que vous foutez là en fait ? »
Okayyyyyy donc Did, respire un coup et sort un truc un peu cool genre « ouiiiii dans toutes mes expériences j’ai eu à travailler avec le secteur médical en partenariat, secteur intéressant blablabla ».
Et c’est tout naturellement que j’ai sorti « ben chais pas j’ai vu de la lumière et je suis rentrée. Non je… heu… (putain putain putain tu fais quoi là ???) je connais pas, j’aime bien les trucs que je connais pas ». Voilà, ça c’est fait… On appelle plus ça une balle dans le pied, ça prend trop de temps, l’agonie par le pied c’est tellement surfait moi je fais direct dans la tête. Pas très propre, mais rapide.
Et le boss me regarde sans ciller (mais il commence à m’interesser celui là ! Putain did merde, essaye d’assurer quoi quand même) et me dit non parce qu’en fait moi je voulais recruter une infirmière hein. Parce que je suppose que vous y connaissais rien en médical, hospitalisation toussa.
Donc là je me dis vasy vends toi !! Vends toi !! Et pas ton corps hein ! Vasy donne le meilleur de toi même ! Dis un truc genre « ouiii mais j’apprends vite et puis j’ai beaucoup travaillé blablabla pompe pompe ». et bien non, comme je me suis ratée à la première balle, j’ai décidé d’en tirer une deuxième : « Oui, non je n’y connais absolument rien, je veux bien vous vendre du rêve mais là dessus ça va être compliqué… ».
Et oui et oui bien sûr, qu’il dit le chef. Et vous êtes dispo de suite ? Tu sais, LA question à laquelle tu dis oui bien sûr ou un temps raisonnable quoi, sans jamais mentionner ton mioche sinon parait il que c’est mort. Donc très naturellement… Début juin, moi je dis « Ah non pas du tout, pas avant le 19 septembre parce qu’avant j’ai pas de mode de garde pour mon mioche ». Parce que 2 balles dans la tête je trouvais que ça faisait pas assez.

Et là… WTF…
Le boss se met à parler. Pendant 15 minutes non stop pour me présenter le service, ce qu’ils font (et qui a l’air très intéressant au passage, du coup larme de tristesse de pas correspondre au profil), et puis ben le fait que c’est important pour lui d’avoir quelqu’un prêt à bosser quoi. Donc je commence à remballer mes affaires, et puis en fait non, « ah mais attendez j’ai pas fini !! oui non parce que j’adore votre profil (quoi ?), votre cv tue (quoi ?) et je sais pas comment mais je suis sûr qu’on a besoin d’un éduc ici, parce qu’on en a pas et je suis sûr que vous pouvez servir à quelque chose, vous savez pour nous le médical, les travailleurs sociaux sont des énigmes. Vous passez votre temps à réfléchir et fumer des clopes, vous mettez 10 ans avant de faire (je m’insurge, c’est faux, total cliché, des fois on fume des clopes, on réfléchit longtemps et à la fin, on fait pas) alors qu’ici on est tout le temps dans le jus. Du coup, je vous propose un contrat (quoi ?), un mi temps, et pour que ça paye on vous propose un statut de cadre (quoi ?), vous bossez comme vous voulez je m’en fous avec votre gosse j’ai bien compris que pas trop tôt le matin pas trop tard le soir moi ça me va on se dit au 19 septembre ?

Heu… Le petit Marcel Beliveau est demandé à l’accueil. D’ailleurs il est pas mort lui ? Non sérieux j’te jure je suis partie, je suis restée devant les locaux pendant 10 minutes à me dire « naaaan mais le mec t’as fait une grosse blagoune ».

Et ben non dis donc ! Je viens de recevoir mon contrat, c’est officiel, à partir du 19 septembre moi aussi je pourrai dire « putain j’ai pas envie d’aller bosser » le dimanche soir ! Je vais enfin devenir comme toi !!!

2 commentaires pour “Le job”

  1. Sed dit :

    Tu t’es trompée dans la date meuf, on n’est pas le 1er avril, t’es pas crédible deux secondes, ça existe pas des entretiens d’embauche comme ça.
    Sérieux, tu nous as pris pour des collégiens ou quoi ?
    Sérieux…

  2. korbeau dit :

    `v´ ^v^ `v´ ^v^ `v´

    Comme le temps passe vite…

    `v´ ^v^ `v´ ^v^ `v´

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