Le refoulement

On a tous cette capacité de déni. Plus qu’une capacité, c’est quasiment un processus psychique sans précédent qui nous permet de refouler tous les actes traumatiques de notre vie. Notre survie en dépend. Refouler, c’est avoir accès à la normalité. On refoule tous les trucs qui, même s’ils nous ont construits, même s’ils ont mené à notre identité profonde aujourd’hui, sont simplement trop lourds à porter pour être assumés.

J’en suis à une période de ma vie où je me pose beaucoup de questions sur « avant ». Que sont devenus mes potes de collège et de lycée ? Quelle routes ils ont pris eux ? Et il y a peu, je suis… comment dire, partie en investigation… (façon élégante de dire « ben j’ai cherché ces cons sur facebook ») afin d’avoir des nouvelles de mes compagnons d’infortune (oui, adolescence = infortune chuis désolée).
Alors il y a ceux avec qui j’ai vraiment souhaité reprendre contact, genre ma meilleure copine, puis ma pire ennemie, puis re ma meilleure copine, puis celle que j’ai pouvais plus m’encadrer, avant qu’on soit à nouveau copines comme cochon avant de… bref l’adolescence quoi… Donc facebook, son nom son prénom, hop elle est là un message « coucou c’est did comment ça va patati patata », une réponse « oh mon dieu diiiiiiiiiiiiiiid aaaaaaaaah génial trop contente des nouvelles super », hop on devient amie sur facebook et très rapidement on se rend compte qu’on a quand même absolument rien à se dire ! C’est le premier effet kiss kool facebook. La magie des réseaux sociaux !
Ensuite il y a ceux dont j’ai voulu avoir des nouvelles, mais sans reprendre contact. Juste mater tu sais. Genre tu vas voir un profil, tu réalises à la fois avec bonheur et effarement que les gens, pour la plupart, ne mettent que des infos qui sont vraies, et ne protègent absolument pas leurs données. C’est comme ça que j’ai pu mater la plupart des gens avec qui j’étais au bahut, voir toutes leurs photos. Supers intéressantes d’ailleurs. Oh mon dieu !!! Machine elle fait construire !! Regarde ! 250 photos de la construction de sa baraque ! Et là, 300 photos de son voyage en andalousie !! Et là, 600 photos de ses gamins !!! Comment peut on mettre des photos de ses gamins sur les réseaux sociaux !!!! Ou même sa propre gueule !! Bon bref, j’ai bien maté, et j’ai trouvé ça glauque, cet étalage de vie privée, sans aucunes protection rien… Super… Le 2ème effet kisskool facebook.

Un que j’ai cherché et que j’ai pas trouvé, c’est mon pote à côté de qui j’ai passé tout mon lycée. On était toujours à côté en cours, et on s’écrivait. En cours. On avait essayait de parler mais on s’était rapidement fait virer donc on avait été obligé de s’adapter et on communiquait vachement par écrit. C’est un souvenir relativement plaisant et, avouez le, des souvenirs plaisants qui datent de l’adolescence, y en a quand même pas légion ! Et lui, impossible de le trouver ! Nulle part, rien, que dalle nib ! Je me suis même dit « bon ben si ça se trouve il est mort ».
Et l’autre fois, alors que je descendais dans mon ardèche natale pour un court séjour et que je grattais sur le net une éventuelle sortie possible, un truc à faire dans ce sombre trou qu’est l’ardèche profonde… Que vois je ? Truc de ouf, la veille de mon arrivée, ce mec fait une lecture publique de son bouquin qu’il vient de publier et qui s’intitule bleu.
Ni une ni deux, hop je chope l’adresse de son éditeur et je lui écris là bas. Alors je lui fais une lettre très did, c’est-à-dire comme ce blog, ou je brode je brode pendant des heures avant de dire en 3 lignes tout à la fin « salut c’est did, contente que tu soies publié quoi de neuf voilà mon mail bye ».

Et cette semaine je reçois un mail. Et dans son mail il y a une phrase, c’est cette phrase qui explique le pourquoi du comment le déni le refoulement tout ça (oui parce que c’est le sujet du post à la base vous vous rappelez ?). Il me dit, entre autres politesses « va savoir, peut être qu’inconsciemment, le titre de mon livre est dû à une réminiscence capillaire ».

Donc là hop ! Déni, refoulement. J’ai su quand même qu’il me signifiait, avec humour, un souvenir qu’il avait de moi en lien avec la couleur bleue. Mais sur le coup, impossible de comprendre. Quoi bleu ? J’avais des bleus partout à l’époque c’est ça ? Qu’est-ce que… j’étais fan des schtroumphs ? Un truc je sais pas.
A ce moment là, mon inconscient m’a fait passer un message en me disant écoute, t’es bien gentille mais je vais pas pouvoir retenir le refoulement très longtemps, le mot clé, c’est capillaire espèce de dinde. Alors je me penche sur le truc, capillaire… capil… capel… Maitre Capello ? Était il originaire de Bresse ? Bresse bleu ? Fromage bleu ? Roquefort ? Fort Alamo ? Mo… mots… Oui ! Mots ! On s’échangeait des mots ! Il est là le lien !!

Las ! Mes barrières de protection ont lâché. Tout ce que j’avais refoulé m’est revenu dans la gueule… Bordel de merde. Au bahut, j’avais les cheveux bleu… Et rouge aussi… pffff… Oh le flash back…
Le pire c’est que quand j’ai raconté ça à mes potes d’aujourd’hui (et oui, j’ai fait mon coming out capillaire) y a eu un gros blanc, puis y en a un qui a dit « honnêtement ça choque quelqu’un ici ? Non ? Personne ? Hé patron ! Tu nous remets une tournée ste plait ! ». Putain ! Ca choque même pas mes potes !!!

Retrouver ses potes de bahut, c’est comme la vie. ‘Tain la loose quoi, bleu. Putain mais merde !! Bleu !!!! Je m’en remettrai jamais… Pas avant demain en tout cas.

4 commentaires pour “Le refoulement”

  1. mathieu dit :

    Et en plus est-ce qu’il est beau et célibataire, cet ecrivain publié instruit et drole avec une bonne mémoire ?

  2. Mellie dit :

    Comme ton pote en fait… pas étonnée…

    Pour facebook je suis ok c’est affligeant, surtout quand ça dégouline de bonheur avec des bisounours à paillettes.

  3. Did dit :

    Mathieu, tout ces mots ensembles dans la même phrase ET hétérosexuel, c’est pas possible voyons.

    Et Mellie raaa tu m’emmerdes, t’aurais pu faire semblant sérieux.

  4. moq le barge dit :

    super moi je pue……

    pour le look c’était un peu l’époque Nirvana quand même

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