Une soirée belge (mais sans accent)

Ce soir j’ai passé la soirée avec l’éducateur qui m’a formée (que, par soucis d’anonymat blablabla nous appellerons Formateur) quand je bossais avec Clodo le clodo. Et comme chaque fois que je passe une soirée avec Formateur, j’ai vécu un intense moment de sidération tout au long de la soirée. Ce mec est l’un des mecs les plus space que j’ai jamais rencontré, et il est belge en plus (d’où le titre du post, capiche ?). C’est facile, je comprends pas un mot de ce qu’il dit. Ou des fois si, mais avec 4 jours de retard. Ce type ne vit que pour Lacan j’ai jamais vu un truc pareil. Par exemple ce soir, il m’a expliquée en quoi j’étais un non-dupe hère. Ne me demandez pas ce que c’est, j’espère avoir compris le concept d’ici une semaine…

Bref, l’un des mecs les plus marginaux que je connaisse, et l’un des meilleurs éducs avec qui j’ai bossé. Formateur est mon idole professionnelle. Et quand Formateur décide de montrer ses petites habitudes dans son quartier, comme dirait l’autre, ça envoie du bois.

Donc commençons la soirée par un petit resto où Formateur va des fois. Alors je vous plante le décor : des murs rose sans âge, une tapisserie de plafond blanche avec des fleurs roses (si… j’vous jure), un patron-serveur-cuistot quasi momifié un truc de dingue. Le mec il était tellement vieux qu’il tombait presque en poussière. Franchement, c’est la première fois de ma vie que je rentre dans un bouge pareil pas bourrée, et que j’éclate de rire à peine entrée. Le truc improbable, tout était naze, y compris la bouffe et en face de moi j’avais Formateur qui m’expliquait en quoi le tiers médiateur est un miroir brisé. J’ai fait ouioui tout le long mais j’ai pas compris hein.

Bref… Après ça formateur m’emmène dans son bar de quartier, et là de la phase j’éclate de rire, je suis passée directement à la sidération. Je suis entrée dans un espèce de machin, je pensais pas que ça existait encore des trucs pareil. Ce genre de bar ça devrait être inscrit au patrimoine mondial de l’humanité tellement c’est… je n’ai pas de mot.
Donc là aussi je replante le décor… imaginez vous rentrez dans un truc et vous vous demandez pas où vous êtes. Vous vous demandez quand vous êtes. Le premier truc que tu voies (ouais tu vous ça dépend, c’est comme j’ai envie), c’est un poster de kim wilde… Dans un bar pourri au fin fond de grenoble. Et là tu fais bon… Tu vas au comptoir, et tu réalises que la patronne a largement l’âge de prendre sa retraite, qu’elle est obèse avec des seins énoooormes, une brulure de cigarette sur son t shirt. Un vrai cliché, je pensais pas voir un jour un personnage pareil. C’est aussi un bar où les gens fument ouvertement, avec cendriers de partout.
Je me pose donc au comptoir avec Formateur, comment dire, un peu bourré qui me parle de noeuds boroléens (ça j’ai même pas cherché à savoir ce que c’était), et je commande un verre. Là, la patronne prend le verre devant moi sur le comptoir, le passe 3 secondes sous l’eau, et me sers. Ok d’accord, une chance sur deux de choper un herpès donc. Et là je commence à regarder VRAIMENT le bar. Et j’vous jure, tout est beau. La machine à café est vieille comme le monde, crade au possible, le moulin à café j’en parle même pas. La poubelle juste à côté du comptoir pour vider les cendriers. La cendre des clopes qui te volent dans la gueule, ça fait bizarre de refumer dans un bar en fait. J’ai aussi vu un truc qui m’a laissée perplexe, un distributeur à cacahouètes vide dégueu, avec « 2 francs » marqué dessus. 2 francs quoi ! Mais on est en quelle année putain ? Et sur le mur !!! Y a une pyrogravure ! Du chien de la maison en plus ! Mort il y a sept ans. Y a des coupes de tournois de pétanque. Y a des dolipranes. Y a de la poussière sur les bouteilles de sirop. Y a une lampe cassée en forme de bite. Y a des cartes postales jaunies de la guadeloupe. Non mais sérieux on est où ? On est quand merde !!!! Chuis sure qu’ebola s’épanouit super bien là bas.

Bref, j’ai halluciné toute la soirée… Avec Formateur heureux comme un poisson dans l’eau, avec ses poivrots et ses noeuds boroléens… Putain ce mec est un psychopathe. Et c’est mon idole professionnelle… Et merde…

5 commentaires pour “Une soirée belge (mais sans accent)”

  1. piero dit :

    et c’est où cette merveille si c’est pas indiscret ?
    de l’hallu pour tous !

  2. Did dit :

    Attention… TOP ! Je suis un quartier de grinobeul hyper populo ! Ce bar, symbole même de mon côté « vie de village » avec ses blondes peroxydées pochées à la heineken et ses clients, au blanc limé dès 7 heures du mat, représente en lui même ce qu’on appelle l’exception culturelle grinobeuloise. La mixité m’habite, je détiens le marché où les voleurs et revendeurs en tout genre se rassemblent le dimanche matin, ce marché c’est même le seul marché où tu peux t’acheter un matelas. En mon sein, se trouvent le docteur x qui deale ses ordonnances et 20 mètres plus loin, se trouve LA place populo du coin avec les clients de docteur x qui viennent revendre leurs ordonnances. Côté art urbain, je suis graffé de partout, un petit s’est cru bon de me foutre des Dofs dauphins sur chaque rideau de magasin. Le tag s’épanouit sur mes murs aussi. Mes magasins, tous plus originaux les uns que les autres, sont ouverts jusqu’à pas d’heure : coiffeurs blacks, décorateurs indiens, kebabs, taxiphones, supermarchés asiatiques débordent de vie toute la soirée. Chez moi, la vie prend un autre rythme. Ce bar, proche de la ligne de tram, se situe non loin d’un pont permettant d’aller découvrir une faune qui fait flipper le grenoblois de base, celle de Fountain. Coincé entre le drac, un bon gros quartier bobo où l’on trouve minateque, le cé-e-ha et le cnerresse, et un bon gros quartier de banlieue où l’on trouve des barres d’immeubles je suis je suis ???

  3. piero dit :

    Saint-Bruno ?

    ( chouette, un post dans le post ! )

  4. Did dit :

    Tu as gagné l’encyclopédie du parlé grinobeulois. On applaudit notre nouveau champion !

  5. mellie dit :

    pinaise je connais… et c’est bien pourri comme coin.

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