L’abus de confiance

J’ai décidé que 2011 serait ZE année. Faut dire que 2010 a été tellement pourrie que je peux difficilement faire pire.

Quoique non on peut toujours faire pire. Je pourrai décider d’être punkette à chien moi aussi. Je pourrai télécharger légalement le dernier album de Jennifer et le trouver bien. Je pourrai même me dire que finalement, Sarko il dit pas tant de conneries que ça. On peut toujours trouver pire. Mais là j’ai décidé que stop. Après 2010, l’année qui pue la pisse (désolée j’ai pas trouvé mieux), 2011 c’est l’année trop bonnonze (oui on touche le fond mais j’ai rien trouvé de bien qui rime).
Alors j’ai attaqué les grands changements.

Je me suis trouvée un taf rythmé déjà. Je bosse quasi en horaires de bureau, avec des mamans et des familles souvent complètement à la ramasse (« ouiiiii alors vous avez 23000 euros de dettes de crédits à la consommation… mmmh… on vous demande un loyer de 80 euros (salops… hey ! parenthèse dans parenthèse !!!) que vous ne pouvez pas payer parce que ? Vous êtes allés faire des courses et vous avez claqué tout votre RSA en ? En Twix ? Parce que votre gamin de 9 mois adore ça ? Bé on est pas sorti des ronces hein… »).

Ensuite j’ai décidé d’attaquer le grand sevrage du cannabisme. La mince affaire ! Le prochain qui me dit que c’est pas de la drogue je pourrai avoir une discussion intéressante avec lui. Paye tes 6 mois de sevrage, après 10 ans de consommation indécente. Perso je me prends toutes mes émotions dans la gueule là. Alors chacun sa façon de gérer, moi je chialle. Pas tout le temps mais pas loin. Mais pas pour rien hein, « ho mon dieu une bagnole qui s’arrête pour que je traverse… bouhouhou ! ho mon dieu, mon pote qui me fait du poulet aux poivrons avec ses petites mimines… bouhouhou ! ho mon dieu, des gens qui m’appellent pour me dire « hey ça va ? si t’as un soucis envie de parler t’appelles hein »… bouhouhou ! Les joies du sevrage c’est vraiment trop d’la balle. Et encore… je vous passe les coups de colère…

Mais 2011, c’est l’année bonnonze. Malgré tout je suis à donf. Parce que je sais. Diteurminaïcheun girl is my name. Chuis à fond.

Bref… C’est contradictoire cherchez pas… confiance à donf c’est tout.

Toutefois cette confiance dont je fais preuve en ce moment pourrait éventuellement me causer quelque problème, et part là j’entends un gros pain dans la gueule.
L’autre fois je suis allée faire des courses, et je suis rentrée en même temps que deux grosses caves com-plè-te-ment bourrées. Les meufs pleines comme des barriques. Et pas genre bourrées ça nous arrive une fois de temps en temps, nan, pétées comme il faut et ça sentait le quotidien. Je fais mes courses, je passe à côté d’elles, une bonne odeur de bière (mmmmh… ça fait enviiiiiie), les vraies pochardes quoi. Et je vais en caisse. Comme y avait que des vieux (je sais pas comment je me démerde pour y aller tout le temps en même temps que TOUS les vieux du quartier), ben ça rame et la queue s’allonge. Pas la peine de faire une allusion sexuelle j’y ai déjà pensé.
Et mes pochardes se pointent et commence à sortir un espèce de sale baratin genre « oui j’peux passer devant chuis enceinte la bière c’est pour mon mari ». Avec un ton très « j’te demande mais en fait j’t'informe ». Et forte de ma confiance je suis invincible en 2011 personne va venir me faire chier j’ai décidé de dire non. Donc erreur fatale hein. Face à deux poches on dit pas non. Le pire, c’est qu’il y en avait une vraiment enceinte… Faut voir le bon côté des choses, ça va me faire du taf plus tard…
Donc je dis non, et là en deux secondes (je pense que pour une personne sobre ça aurait pris un quart de seconde mais là…), je me retrouve avec un poing à 2 cm de ma gueule… Fort heureusement pour tout le monde (et surtout pour moi hein) le patron les avaient repérées et se tenait pas loin et a ramené sa fraise pour les faire passer en caisse à part.

Donc je vous passe les « mais cette pute elle a pas le droit de refuser le passage chuis enceinte sale PUUUUUTEUUUUH, cette gouinnasse  » et patati et patata qu’à 1euro par insulte j’aurai eu un mois plus que confortable. Bref, je paye, je me casse en remerciant 2011 l’année trop bonnonze de sortir AVANT elles pour pas me faire casser la gueule à la sortie (parce que le problème de l’alcolo, c’est que quand il veut t’en coller une, même raide bourré, il peut faire très mal).

En rentrant chez moi, je me pose sur mon canap tranquille. Et là dans la rue j’entends « MAIS SANS CETTE PUTE IL NOUS AURAIT PAS JETE CE CONNARD MAIS QU’ELLE CREVE CETTE SALOOOOPEUH ».
Et là quand même, j’me suis dit… ok, 2011 année trop bonnonze, faut juste éviter les excès de zèle.

Juste pour le fun, 2011 année trop bonnonze, mais quand même hein, la vie.. hein… Quand même… J’dis ça… ben j’dis ça…

Un commentaire pour “L’abus de confiance”

  1. Mellie dit :

    Tiens tu me rappelles une anecdote. L’an dernier à défaut d’autre chose je bosse quelques semaines comme caissière.

    4 gamins se pointent avec gâteaux, bonbons et pack de despe. Comme ils ont 14 ans maxi je leur demande leur pièce d’identité.

    - »Pourquoi madame ? » (mode je suis un ange moi madame)
    - » Parce que je peux pas vendre d’alcool à des mineurs » (ma cliente derrière se marre déjà)
    - »Mais madame la despe c’est pas de l’alcool » (ouai t’es une gonzesse t’y connais rien, puis la despe ça devait pas exister à ton époque)
    -(et mon cul c’est du poulet ?) je me contente de leur montrer le taux d’alcool indiqué sur le pack.
    - »ah on savait pas madame on va prendre autre chose

    Les gosses se barrent et la cliente derrière me félicite pour mon calme (si elle savait comme bosser là bas ça apprend le calme). Comme elle est sympa je lui dis que je suis sûre que les gosses vont retenter le coup à une autre caisse. Elle se marre et on suit les gosses du regard.

    Ça a pas loupé, ils sont allés tout droit à la caisse du fond… celle de ma chef, « ah mais on savait pas madame que la despe c’était de l’alcool ».

    Pinaise sont cons ces gosses, à mon époque on choisissait les petites épiceries, sont moins regardant.

    Bon je m’étale mais c’est sympa de te relire.

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