Mon boulet

C’est la période du boulet. Je n’ai pas encore tout à fait fini la mienne (même si ça c’est quand même bien calmé), mais surtout, chaque fois que je me retourne, j’en vois un collé à mes basques. Et pas depuis hier.

Comme d’habe hop contexte schrrrrrr flashback remise en situation. Début juillet mon téléphone sonne, un gars que je connaissais pas vraiment et surtout que j’avais pas vu depuis 3 ans voulait me revoir parce que « t’es une fille super sympa ». Bah voyons. On est donc début juillet, période ou je suis tellement claquée que je suis juste capable de me trainer, juis dis donc mon gros avant la fin du mois c’est même pas la peine.
Le mec il dit ok, cool, salut à la prochaine.

Après on passe au 14 juillet, ou pour célébrer la fête nationale je me tire avec quelques potes dans le trou du cul de la chartreuse histoire de PAS voir les feux d’artifices NI la liesse populaire OU la belle bleue pour faire un petit barbecue picole fumette merguez. Et donc genre vers 22h15 (les merguez sont bien prédigérées déjà) mon téléphone sonne c’est lui qui « viendrait bien me faire un coucou » (il est pas de grenoble mais il ferait bien le déplacement). Ok. Donc noooon, j’ai pas du tout envie et puis de toute façon c’est ballot chuis pas sur gre je fais un barbeuk avec des potes patati patata. Le mec il raccroche.
Trois minutes après il rappelle parce que « je te rejoindrai bien à ton barbeuk en fait ». Okkkk… Donc, je t’explique, je vais pas me tapper 20 minutes de marche puis 20 minutes de bagnole pour venir te chercher puis me retaper 20 minutes de bagnole et 20 minutes de marche pour t’emmener à un barbeuk où tu connais personne (et même pas moi soyons honnête) et où de toute façon tout le monde est déjà à moitié bourré.
Là déjà je sens que ça pourrait être problématique.

Fin juillet, chuis en vacances il arrête pas d’appeler et je lui ai promis alors un soir hop 22h30 ok on va boire un coup. Et le gars je lui dis bien « B-O-I-R-E » un coup… le boire hein gars, c’est tout.
Généralement dans ce cas là, quand tu dis oui et que, comme moi, t’es un peu lâche et coconne c’est le début de la merde. Et quelle merde.

Déjà le gars juis dit « appelle moi quand t’es en centre ville je te rejoins », ce qui, en langage fille signifie, vient surtout pas chez moi connard. Message bien évidemment très mal perçu puisque le mec il m’appelle paumé loin de chez moi parce qu’il a voulu me faire une surprise (hoooo trop sym-pa !) et passer me prendre. Alors vasy passe 1 plombe au téléphone à lui dire « ouais là tu prends à droite, ouais à droite, oui oui là à ce feu tu prends à droite… non c’était l’autre droite… ». Ta mère.
Genre à 23h30 on se pose enfin en terrasse en ville, et je commence à essayer de chercher un sujet de conversation un tant soit peu intéressant. Et en fait pas besoin il m’a beaucoup parlé de sa passion. Alors les passions je trouve ça génial, j’ai pas de passion c’est un grand regret. Toutefois je pense que toutes les passions ne sont pas partageables. Notamment la sienne. Le télécran. Et entendre parler d’un truc que tu sais pas ce que c’est (le machin qui permet de restaurer les films) et qu’en plus tu t’en bats la rate c’est pas évident. Donc au bout d’une heure et demie moi je suis bloquée sur un sourire de circonstance à attendre méchamment que ça passe. Et au bout d’une heure et demie il me fait comprendre qu’il fumerait bien un petit spliff. Et comme une conne, je prends pitié et je lui propose de passer fumer un teuteu chez moi. Je mérite. Je sais.

Donc chez moi il roule un spliff on fume machin toussa. Moi je suis physiquement à 150 kilomètres de lui (oui mon appart est immense) et en fait le mec, il transpire tellement la solitude, le manque affectif qu’il se plie vraiment en 4 pour me plaire. Genre il adore un truc que je déteste, bah pas de problème, en trois minutes effectivement j’ai raison c’est de la merde. Et pas des petits sujets. La bible c’est génial le message c’est la paix l’amour il faut y croire. Bah non, la bible c’est un bouquin qui a été traduit trop de fois pour avoir gardé le message original. Ha oui tu as raison c’est de la merde.
Mais non j’ai pas envie de crever. Et puis surtout j’arrive pas à lui dire de partir.
Au bout d’un moment quand même (1h du mat… j’ai l’impression que ça fait 15 heures que j’y suis) je lui dis qu’il commence à se faire tard et qu’à un moment donné je vais aller me pieuter. Donc là le gars il propose de rouler un dernier pliff. D’accord j’en profite quand même pour lui dire qu’il ne se passera RIEN. Et là le mec il prend ça comme une question (ha ben écoute je sais pas on sait jamais tu sais) OUI MAIS NON !!!! C’était PAS une question. J’teul dis. Y’s passera rien. Point.
Et là le mec il fume pas un spliff, il se met une méga-caisse. J’ai jamais vu ça. Je veux bien admettre que j’ai un problème d’addiction, mais là faut pas déconner. Genre fumer une pipe de teush sans tabac c’est quand même de l’inédit pour moi, à ce moment là j’ai mal à sa trachée ses poumons sa gorge à sa place.

Bien évidemment à 2h du mat le mec il comate dans mon canapé, complètement largué. Là je prends conscience que le social c’est mon travail et que ça me fait un peu chier d’en faire en dehors de ce cadre là. Hop je trouve du courage « oui alors je vais aller me pieuter là » (HAAAAAAAAAAA CAAAAASSE TOIIIIIIIIII). Oui une prochaine fois peut être hein.

Je suis trop une merde.

Et depuis ce temps là (fin juillet hein) le mec il arrête pas de m’appeler ! Et je sais que le plus facile c’est de décrocher et de lui dire poliment casse toi. Mais j’ai pas réussi et là je suis passée en mode je m’en fous, étude sociologique du boulet. Je regarde mon téléphone sonner et je me dis juste tient ça fait trois mois. Et il continue à me dire qu’il passerait bien me voir parce que décidément je suis super sympa. Sur mon répondeur vu que je décroche jamais.

Je suis blasée. La vie c’est de la merde. En plus si je lui avais dit de suite, vous imaginez comme il serait vachement plus court ce post ? Non vraiment la vie c’est de la merde.

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