Archive pour novembre 2012

Le code social ultime

Mardi 27 novembre 2012

J’ai fait des deuils. 2012 c’était définitivement l’année du deuil. Deuil de mon métier, deuil de mon ex (je dois avouer que l’enterrer au fond du jardin a hautement aidé à l’évacuer, ce fils de péripatéticienne, et puis ça fait quand même un super engrais pour les géraniums) et deuil du fait que la société j’y comprendrai jamais rien et c’est comme ça. Du coup je suis partie du principe qu’il fallait que je trouve des trucs pour jamais être trop en dehors des clous.

Par exemple la dernière fois que je suis allée en boite de nuit, j’ai compris qu’il fallait que j’y aille déjà caisse et que je dise « oui oui » dès que ça venait de l’autre côté du bar et « non non » dès que ça venait d’ailleurs. Ca aide grave. Ainsi, en arrivant, forcément meuf, le barman te regarde et dit « bon, la première elle est pour moi tu veux quoi ? Mojito, vodka, champagne ? » « oui oui » « oui oui quoi ? » « ben… oui oui mojito vodka champagne, mais pas tout dans le même verre steplait ». De la même façon, chaque fois qu’un type qui n’est pas derrière le bar vient te voir, hop direct « non non ». « Tu veux pas me sucer dans les chiottes ? » « Non non ».
Admirez l’adaptabilité…

Toutefois, j’ai découvert il y a peu un code social que je connaissais pas et qui m’a laissée perplexe… Alors les gars, je suppose que vous avez jamais eu droit à ça, mais n’importe quelle meuf qui a déjà pris l’autoroute en semaine va vite voir de quoi je veux parler. Le poids lourd et son appel de phares…
Bon, j’avoue, il m’aura fallu 3 ans pour saisir quand intervient l’appel de phare. Parce qu’au début je te raconte pas la panique… Meeeeerde !!! Putaiiiiiin il m’a fait appel de phares !!! Vasy j’ai crevé, le cadavre sort du coffre j’ai un soucis quoi quoi ??? Et un jour j’ai compris. Aaaah… quand j’ai compris… En fait les mecs ils font appel de phares quand je suis en jupe ras la touffe. Ok… Oh et puis moi chuis sympa comme meuf tu vois, polie et tout, je réponds. Je fais coucou ouiiii youpiii dans le rétro ! Genre regarde mec, oui je t’ai vu t’es pas tout seul coucouuuu !
Alors une fois que t’as saisi ça, tu prends vite le pli. Ah, je vais faire de l’autostrada (oui, je suis polyglotte, ou presque), je suis en jupe ras la touffe, pis je vais leur faire plaisir, je vais mettre un petit décolleté ils auront de quoi mater. Ou pas… Ou… oh et puis merde tient ! Bref, en jupe sur l’autoroute, appel de phares du poids lourd. C’est une logique imparable. Mais moi je croyais que c’était juste pour faire coucou tu vois. Genre hey, elle a une jupe alors je vais faire appel de phares, coucou salut halala qu’est ce qu’on se marre sur les autoroutes de france dis donc. Que nenni…

Et c’est une expérience très douloureuse qui m’a fait réaliser la réalité des faits. Il y a peu, j’étais sur l’A7, l’autoroute du soleil et des vacances ! Ahhh qu’elle porte bien son nom celle là. Moi je l’appelle le bouchon rhodanien. J’ai jamais réussi à prendre cette putain d’autoroute sans me taper un bouchon. Vendredi ? bouchons. Dimanche ? Bouchons. Lundi ? Guess what, bouchons !! C’est bien y en a 2 qui suivent. Vous me faites chier. Mais là n’est pas la question. Donc chuis sur l’A7, avec ma jupette et mes boobs, je double un poids lourd appel de phares oui oui coucouuuu ! Hey ! Voilà coucou oui ! Tu t’es pas tout seul coucou yeaah ! Et puis je trace quoi.
Et mon téléphone sonne. Je tiens d’ailleurs à faire un aparté sur ma sonnerie. J’ai la meilleure sonnerie du monde, moi quand mon portable sonne, ça fait « Si j’marche sur une pizza alors je passe à traveeeeers, je suis Spirou j’tombe dans des trous je suis Spirou et je suis FOU TOMBE PAR CI MEURT PAR LA VOUS N’Y R’JOUEREZ PAAAAAAAS ». Vous en avez absolument rien à péter mais moi j’adore ma sonnerie. Des fois je décroche pas rien que pour chanter spriiiirouu allez accrochez vous… Bon ça n’a pas de sens, tout le monde s’en bat la rate, mais je voulais le dire quand même. Donc mon téléphone sonne je réponds pas, je vois une aire et je m’arrête pour écouter mon message. Parce que chuis comme ça moi, une vraie guedine, je vois une aire, je m’arrête, et même des fois… je bois un café. Ou alors je suis complètement accro à mon portable et va vite falloir que je fasse une cure de désintox. Au choix.
Bref je m’arrête j’écoute mon message, et là… le grand n’importe quoi ta mère habituel. L’ultime code social incompréhensible se présente à moi et à l’heure d’aujourd’hui, j’ai toujours pas saisi le pourquoi du comment du qu’est ce qu’il se passe t’il.

Donc y a un type qui vient toquer à ma fenêtre, que j’avais jamais vu de ma vie. « Oui ? » « Alors c’est bon ? »

What the… Qu’est ce… mais… Bon, reprends dans l’ordre Did. Alors, c’est, bon. Les 3 trucs séparément, ok. Pourquoi est-ce que les 3 ensembles ça a autant de sens qu’un film avec Nicolas Cage ? Alors du coup je le regarde « heuuuu oui ? non ? Peut être ? Je sais pas ? En 2 briques, kamoulox ? ». Non mais sérieux, kesse tu veux répondre à ça ?
Du coup devant mon incompréhension le mec m’explique. Ben chuis le camionneur qui vous a fait appel de phares, et comme j’ai vu que vous vous gariez… c’est bon ?

Oh mon dieu quand j’ai compris. Attends mec kesse tu dis là ? Que quand tu vois une jupe te doubler, tu fais appel de phares et si elle se gare c’est bon ? Vive la bagatelle ? NON MAIS CA VA PAS LA TETE !!!! C’est quoi ce code de merde ? Qui a décidé ça ? Vous avez fait une réunion et vous avez voté appel de phares ou klaxon ? Pourquoi j’étais pas là quand ça s’est voté ? Mais je mets mon véto à des trucs pareils mec ! J’veux dire c’est pas possible vous étiez bourrés quand vous avez décidé ça non ? Mais gars mais réagi merde !!! Même si tu perdais 30 kilos, 20 ans et que tu rasais ta moustache ça resterait choquant !!!! Et c’est quoi le délire ? Je vais te sucer dans les chiottes c’est ça ?
Et là la réponse qui tue. Non, j’ai une cabine dans mon camion.

Bref, si t’as croisé une jupe en train de chialer sur une aire de l’A7, coucou !!! C’était moi !! Du coup c’est décidé, les codes sociaux, moi j’arrête.
Monde de merde…

Manuel de survie en territoire (très) hostile

Jeudi 22 novembre 2012

Il y a peu, j’étais au boulot et j’ai découvert une porte. Je l’avais jamais vue jusque là, mais voilà, on my way to mon bureau, tous les jours je passais devant cette putain de porte… Et elle m’intriguait !!! Mais elle donne où cette porte ? Et qu’est ce qu’elle fout là ? Et pourquoi quand je demande à mes collègues ils me disent tous « quelle porte ? », pourquoi j’ai le sentiment que tout le monde se fout de ma gueule ???
Alors un jour j’ai pris les nerfs (ouais parce que chuis comme ça moi, faut pas m’énerver ok !), j’ai ouvert la porte et encore mieux, « HE REGARDEZ TOUT LE MONDE, JE LA CLAQUE !!! ».

C’est comme ça que j’ai claqué la porte du social.

Ouais je sais les effets de style c’est pas trop mon truc hein. Ouais… J’y penserai la prochaine fois. Ou pas, ça dépendra si j’ai envie de te faire chier. Bref oui, je me suis barrée du social en claquant la porte. J’en avais plein le cul, je pouvais plus, j’étais tout le temps sur les rotules, tout le temps en colère, après tout le monde alors zob. Va voir ailleurs chérie (ouais je m’appelle chérie en privé), fait un break, t’y reviendras plus tard si ça te manque mais là j’aspirais juste à ce que ça s’arrête !!!

Alors que faire quand on se retrouve comme une connasse au chômage ? A part insulter copé sur twitter je veux dire, ça c’est pas une activité, c’est une passion c’est pas pareil, c’est un mode de vie, c’est… comme une drogue. Que faire ? Ben c’est ma « conseillère pôle emploi » (lol) qui me l’a dit : un bilan de compétence.

Et bien suite à un bilan complet (et sans coloscopie), je suis à même de vous donner quelques conseils si un jour vous en passez par là, parce qu’il faut être réaliste, un bilan de comp’, c’est quand même super violent. Voici donc quelques principes de bases pour survivre.

Tout d’abord, votre conseiller sera incompétent. Surtout, ne paniquez pas, c’est normal. En effet, un conseiller a une formation initiale de « conseiller en insertion professionnelle », il est donc apparenté travailleur social. Le socle du travailleur social, c’est l’incompétence, sans ça, dites vous bien qu’il ne peut pas bosser. Ainsi donc, prenez le bon côté des choses et dites vous qu’au pire, il existe la 3g pour surfer sur votre portable et insulter copé sur twitter.
Votre conseiller, bien que vous voyant une fois par semaine, n’aura jamais aucune idée de qui vous êtes ni de ce que vous foutez là. Ne vous méprenez pas. Il vous appellera tour à tour Lucie, Nicole, Joséphine, Julie et Anthony. Efforcez vous à chaque fois de garder votre dignité en rectifiant systématiquement le tir. Même si ça ne sert à rien, ça vous empêchera de lui défoncer la gueule à ce gros baltringue.
Il sera également faux. La première fois vous serez mal à l’aise face à son entrain un peu too much par rapport à la situation. Ainsi, lorsqu’il vous dira « BON-JOUUUUR ! ALORS ON VA FAIRE QUOI ? HEIN ? UN BI-LAN DE COM-PE-TEN-CEUUU AHAHAHAH ! », surtout, surtout, gardez votre calme. Pensez très fort « écoute connard, il est 8h30, je veux un café, j’ai pas envie d’être là, t’as des cernes pires que les miennes alors fait pas style steplait », pensez le seulement et dites « oui oui ». On appelle ça de l’anti PNL, tout ce que vous pensez, c’est exactement le contraire qui doit sortir de votre bouche.
Vous ferez avec lui le bilan de vos compétences (ça alors, pour un bilan de compétences on peut dire que ça tombe super bien). Vous ne savez pas pourquoi (et vous ne chercherez pas à comprendre ok !) il le fera sur un tableau. Avec des feutres qui ne marchent pas et il en fera des caisses de ses feutres de merde et vous parlera comme à un débile mental en disant « OOOOH BEN LE FEUTRE IL EST QUOI ? IL EST FA-TI-GUEEE ! AHAHAHAH ! ». Vous aurez envie de vous pendre. C’est normal. Je vous conseille toutefois vivement de ne pas le faire et de juste dire « oui oui ». Toute cette étape ne servira à rien, puisque la fois d’après il vous regardera en vous disant « Alors géraldine ? Vous avez fait quoi déjà ? Vous étiez esthéticienne non ? ». Là, je pense que vous pouvez vous permettre quelques fantasmes morbides. Simples ! Imaginez vous juste ce que vous pourriez lui faire à mains nues. Les objets viendront sur la fin du bilan, pas de précipitations s’il vous plait.
Il aura à coeur de vous faire rentrer dans des formations dites porteuses. Des formations qui concernent des métiers pour lesquels il y a plus d’offres que de demandes. C’est comme ça qu’à chaque fois il vous proposera une formation en équarrissage ou en chaudronnerie. Permettez vous dans un premier temps de faire une petite blaguounette pourrie, genre « les chaudrons ? Comme avec les sorcières ? Ah ça va pas être possible moi je veux être fée ». Devant la nullité de votre blague, ayez honte, puis dites « oui oui, enfin non » et reprenez vos compétences depuis le début. Commencez à introduire un (un, pas deux, un) petit objet sympa dans votre fantasme morbide quand il vous dira « Ah bon vous avez fait ça Françoise ? J’étais persuadé que vous étiez caissière. Vous savez ma belle soeur est caissière et… » là vous vous mettez en mode off et vous chantez de la merde. N’importe quoi hein, le but est de garder un sourire de circonstance et de pas lui péter la gueule à cet enculé.
Enfin, lorsque votre projet sera à peu près balisé, pour l’entretien final et la validation, laissez-vous un peu aller. En effet, il vous regardera avec des yeux de merlan frit en disant « J’habite en belledonne, j’adore la ville les activités les magasins mais pour vivre… ah non moi j’ai besoin d’espace, de vert, je dois être UN LA-PIN AHAHAHAH ! Bon Sophie je comprends pas on était pas parti sur une formation en équarrissage, pour une ancienne secrétaire c’est pas mal non, puis sans diplômes ça sera plus facile hein ? ». Là, ouais vous lâchez les vannes. Votre fantasme morbide que vous travaillez depuis 3 mois, ben allez au bout. Et en musique. En ce qui me concerne, je ne saurai que trop vous conseiller le combo sexy violent. En fond, vous vous mettez bad things de jace everett c’est radical. En effet, sur le fond ça laisse plein de choses possibles sur toutes les saloperies vous pouvez lui faire avec sur la forme un petit côté sexy lap dance. Pitié, vous venez de toucher le fond, gardez un peu de dignité quoi, et restez sex.

Bien évidemment tout ceci est imaginaire. Je n’avais bien évidemment pas un formateur mais une formatrice (qui sèche d’ailleurs dans ma cave là) et… Ah ben non tout le reste est vrai en fait.

Vous voilà donc paré pour l’expérience ultime de votre vie professionnelle : la reconversion en chômeur. Sur ce, je vous laisse, je vais pourrir copé. La dernière fois c’était hier et chuis en manque là.