Archive pour avril 2011

La maladie de Noam

Lundi 11 avril 2011

Comme vous le savez tous, fidèles adeptes de ma grande secte que vous êtes, purs no-life, glandeurs de bureau, avec une mémoire d’éléphant, que Noam est mon vélo. C’est mon fidèle compagnon de route, celui qui file à tout va (et me permet au passage de faire mon petit régime de printemps sans passer par la case maltraitance à la carotte crue, parce qu’une heure de vélo par jour pour aller au boulot, moi j’vous l’dis, ça fait l’fessier), celui qui me ramène tout seul après des soirées un peu trop alcoolisées lors desquelles Modération n’est pas invité. Bref Noam quoi !

Et bien il y a peu, Noam est tombé malade. J’allais au boulot, et en chemin j’ai entendu rouik rouik rouiiiiiiiiiik (ouais vélo en rade, imitation ok je sais). Impossible de passer les vitesses, je déraille tout le temps, et franchement là c’était chiant, parce qu’on dit que grinobeul c’est plat, mais en fait, pour aller dans la périphérie, c’est du faux plat. DU FAUX PLAT ! HEIN ! Qui c’est qu’en a chié des ronds de chapeau à suer comme pas possible HEIN ? Bref, ça m’a un petit peu énervé tout ça.

Donc il a fallut soigner Noam. Pour ce faire, je suis allée dans un petit magasin qui paye pas de mine qu’une âme charitable et bonne m’a conseillée (ouais tu verras un petit papi sympa, pas chers tout bien).
Je m’en vais donc un samedi chez ce petit papi avec mon Noam qui fait rouiiiiiiiiik ROUIIIIIIIIK cough cough cough (oui il tousse oui ET ALORS ?). Donc fidèle à mes habitudes, ce fut un grand n’importe quoi. Mais vraiment n’importe quoi. Je devrai l’anticiper maintenant mais je… non… en fait j’ai pas envie. Donc j’arrive et je me retrouve face à une vitrine avec derrière, je vous le donne en mille, des vélos. Oui je sais, c’est vraiment un truc de dingue, moi même je me suis dit « mais c’est trop un truc de dingue ». Mais c’est pas le mieux. Je vais pour rentrer et là, porte fermée à clé, je vérifie les horaires, et je pige pas parce que selon ma montre je suis dans les clous. Et puis je vois la sonnette. Forte d’un QI à 4 chiffres, je sonne. C’est passionnant pas vrai ?

Et là je vois s’ouvrir une petite porte au fond du magasin, avec derrière ce qui ressemble à un petit appartement, et effectivement, c’est bien un petit papi qui vient ouvrir la porte. Entrebâiller serait un terme plus approprié puisqu’il a juste fait passer sa tête (alors que je n’avais pas de têtes de mort ni de bijoux chelous, j’étais presque coiffée, bien quoi). Et c’est parti pour le grand n’importe quoi…

-bonjour, je viens vous voir parce que j’ai un soucis avec mon vélo
-(derrière sa porte) oui, il a quoi ?
-… ben… chais pas… la chaîne ?
-(toujours derrière sa porte) faites voir

Ok on est pas sortis des ronces… Donc je lui montre que la chaine elle marche pu et qu’elle déraille tout le temps.

-(encore et toujours derrière sa porte) non c’est pas la chaine c’est la roue libre.
-… ok… et vous pouvez m’aider ?
-(enfin joie bonheur il sort CHAMPAAAGNE !!) ben j’pense ouais… Ha ben non c’est pas la roue libre, c’est le dérailleurs… faut changer une pièce.
-… ok… et vous pouvez m’aider ?
-oui.
-Coool, et vous pouvez me donner un ordre de prix ?
-oui.
-(RAAAAAAA ON Y ARRIVERA JAMAIS !!!)… Et heuuuu… Combien ?
-bah… 10 euros.

Ok vendu. Je rentre mon vélo, et puis je me tourne vers lui, presque hilare, et persuadée d’être en présence d’un grand marginal à la Did staïle, je me tourne vers Noam et lui dis « Bon loulou, j’te laisse au monsieur, t’es gentil tu mords pas tu mets pas de coups de pédale j’te récupère lundi ». Et là je me retourne et je vois mon papi effaré, qui me regarde et me dit « mais faut pas lui parler hein ça sert à rien il répondra pas c’est un vélo ».

J’ai eu envie de lui dire « sisi j’vous jure il me répond des fois, quand il fait pas la gueule, parce qu’il a un caractère de cochon vous savez ». Mais je me suis contentée de « Oui monsieur… ».

Je pourrai finir en disant combien la vie c’est de la merde mais il a fait du bon boulot, pas chers, Noam est guéri, j’ai pu reprendre mon régime pour me sculpter un corps de rêve pour cet été. Durant lequel je n’aurai pas de vacances. Non si finalement la vie c’est de la merde…