Archive pour août 2008

Mon dernier stage

Mercredi 20 août 2008

Dans deux semaines j’attaque mon dernier stage. Haaaan ‘tain ça fait bizarre… La dernière fois que je pourrai faire de la merde et me justifier avec mes petits yeux qui se plissent et mon petit « hihihi » ravageur qui veut dire « ooops désolée hein, je suis stagiaire ». Et oui (hein Sed, et oui, je t’emmerde tu m’as compris osb niark), après je ferai de la merde et après je passerai dans le bureau du chef pour m’entendre dire dites, z’avez pas fait un peu de la merde là ? Ce à quoi je ne sais pas encore ce que je vais pouvoir répondre…

Bref, avant d’aller faire de la merde payée, j’en passe par mon dernier stage. Et la putain de ta mère la puta de la tua madre… j’en ai chié des ronds de chapeaux pour le trouver celui là !

Alors en fait moi je voulais faire les catins. Je suppose que c’est parce qu’inconsciemment ça m’aurait fait mourir de rire d’avoir une conversation de type « tu bosses dans quoi toi ? » « la prostitution » suivi du petit hihihi un peu niais qui va bien. Mais en fait ça c’est juste du fantasme parce que je sais qu’il faut être autant barré que moi pour apprécier ce genre d’humour… parce que la prostitution saimal, la précarité saimal, l’exclusion saimal et c’est triste. Bon, hein voilà quoi.
Donc je vais à une asso qui s’occupe de prostituées, je sonne et déjà, j’adore l’accueil. Contenant, chouchoutant, à parler doucement, à me dire « mais entreeeeez, entreeeez restez pas dehors un chocolat un café ? une éducatrice va vous recevoir »… Houlaaaa !! Non en fait moi je cherche juste un stage hein, je… hein… un stage quoi…
Pas possible, horreur, malheur, larmes déception.

Ensuite je choppe un stage avec les sortants de zonzon. Là tu vois les structures d’accueil et tu comprends de suite pourquoi la réinsertion… ça marche pas… Mais ne nous étendons pas… Puisque de toute façon de oui, c’est passé à en fait non pas possible.

Enfin je me tourne vers un accueil de jour pour SDF. Un petit coin sympa avec des douches, des machines à laver, du café. Et là le premier truc qui me choque, qui me sort presque, c’est l’odeur. Parce que le principe c’est de refuser personne, quelque soit l’état. Donc ça pue la bibinne, la crasse tout qui va bien. Et comme je suis une grosse masochiste, j’ai su que j’allais faire des pieds et des mains pour aller là. J’ai fait des pieds et des mains, et c’est là que je vais.
Et je sais que je vais en chier. Je sais que je vais devoir foutre des gens dehors quand il fera moins 5 dehors parce qu’il faut fermer. Je vais me faire moisir par des gens bourrés défoncés. Je vais me crever le cul pour des gens qui n’arriveront pas à tenir tout ce qui sera mis en place. Parce qu’ils peuvent pas. La misère et l’échec.
Je suis vraiment une grosse névrosée…

Mais je suis une névrosée qui garde son humour de merde. Cet été j’étais chez des amis qui ont un balcon qui donne sur la rue. Et ce jour là en dessous de chez eux ça a été la foire pendant 20 minutes avec un couple qui s’engueulait, les keufs les passants cris hurlements la totale. Il m’a bien fallu 10 minutes pour me rendre compte que ce couple je l’avais croisé au stage la semaine précédente. Sur le coup ça m’a fait bizarre de me rendre compte que oui, ben oui, ils sont clodos, forcément je vais les croiser, c’est vrai qu’on les met pas dans des cartons quand on a fini le boulot. Avant de réaliser que eux, si, enfin pas dans les cartons, mais dessus ou dessous, ça dépend si ça caille ou pas.
Et rien que pour cette vanne complètement pourrie et parfaitement immonde, je m’adore.