Archive pour juin 2005

Y a des semaines comme ça…

Jeudi 30 juin 2005

Cette semaine fit partie de ces semaines où on aimerait se dire que si on avait le choix, on sortirait pas, parce qu’on sait que ça va mal se passer.

Lundi soir je suis rentrée du boulot… à vélo… par 38° à l’ombre. Autant vous dire que niveau pédalage j’allais pas bien vite, mais surtout qu’en arrivant chez moi je n’avais qu’une envie, prendre une loooooooongue douche !!
J’arrive, je me dépoile en moins de deux, prête à glisser sous l’eau (vous savez, les moments où on sait que les grands bonheur sont parfois de petites choses), et là dans ma salle de bain j’entends un bruit qui me plait pas. L’eau qui coule alors que tous les robinets sont fermés… Je jette un coup d’oeil, et là je vois, limite la larme à l’oeil, que mon ballon d’eau chaude est en train de se vider sur mes affaires. Gargl enfer damnation nooooooooooooooon la vie c’est de la merde !!
J’appelle illico mon agence qui m’envoie un plombier pour le lendemain matin.
C’aurait pu s’arréter là mais les agences immobilières c’est de la merde.

Le lendemain matin, mon plombier passe, comme à chaque fois qu’on professionnel des tuyaux met les pieds chez moi j’ai droit au sempiternel « houlaaaa mais c’est tout pourri chez vous ma brave dame ». Oui je sais ducon, j’ai préféré mettre les 15 millions que j’ai gagné au loto dans la tapisserie neuve pfffff. Il reste une heure et demi, à gratter, à dire et redire « houlaaa c’est tout pourri hein » TA GUEULE bordel !!! Et quand il s’en va, je lui serre la main tout sourire « a y’eeeeest ! j’ai de l’eau chaude !!! ». Oui, mais en fait non ça marche pas comme ça. Il est simplement venu vérifier que je disais vrai (des fois que j’ai envie de raconter un bobard à mon agence parce que mon ballon d’eau chaude s’accorde mal avec la couleur de ma brosse à dents), faire un devi pour l’envoyer à l’agence qui va elle-même contacter le propriétaire pour qu’il donne son accord pour changer le ballon et que l’agence rappelle le plombier pour dire ok et qu’il me rappelle pour prendre rendez-vous.
Là, si mes souvenirs sont exacts j’ai pleuré.

Et puis comme l’heure tournait j’ai du partir bosser. Je descends dans mon garage à vélo, et là je vois que mon pneu avant est à plat !!! Et oui, la vie c’est de la merde. Je vais donc au boulot en tram, j’arrive à la bourre bon hein voilà, et après le taf je vais chez mon pote Jojo qui me paye un café. En rentrant chez moi, dans le bus, je propose ma place assise à une mamie qui a l’air de tanguer quand même pas mal. Et là je m’entends répondre « non mais ça va je suis pas grabataire, vous voulez pas m’offrir un brumisateur non plus »…
Ils m’énervent ces vieux, mais ils m’énervent des fois !!! Comme dirait mon grand-père faudrait tous les gazer à la naissance…

Le lendemain (mercredi donc, hier donc) j’appelle ma voisine pour aller taxer son vélo pour aller bosser. Comme j’attaque à midi, je file chez elle vers 11h30 pour récupérer les clés, je monte dans l’ascenseur, j’appuie sur le bouton du 4ème (normal jusque là, c’était le bon immeuble et le bon étage) MAIS mon ascenseur tombe en panne !!!! Et je suis restée bloquée dedans pendant une demi heure avec le réparateur qui me gueulait dessus parce que j’étais une proie facile et qu’il pouvait gueuler sur personne d’autre…

La vie c’est de la merde, toutefois il faut toujours rester positif, la semaine est presque finie, plus que 5 nuits de boulot à faire, demain le plombier vient changer mon ballon, et Harry Potter va bientôt sortir. Bon, si mes couilles s’arrètent, promis je dirai que la vie c’est cool.

Le camp

Dimanche 26 juin 2005

Je suis rentrée il y a peu de camp de vacances avec mes cht’its bernardos. Quelques jours dans le Triève, dans un centre adapté, uniquement de vacances avec 30 bénévoles sur 32 personnes au total. Je vous laisse imaginer l’ambiance…

Alors au niveau de mes petits, ben autant vous dire qu’ils en ont bien profité, des fois même plus que nous (en même temps c’était un peu le but c’est vrai). Alors déjà parce qu’on a fait une ballade en calèche, avec un cheval qui portait le même nom qu’un des éducs accompagnateurs, donc là en gros il va en bouffer pendant des mois. Allez Huue Igor, schhhh Igor, PAS BOUGER ! Mouahahaha ! Hum pardon.
On a eu un épisode marrant un soir aussi, avec une camionnette de flic qui est venue se poser à 10 mètres de nous pendant que nous prenions notre repas, avec des belles jumelles pour empéguer les pov gens qui roulent. Alors là autant vous dire qu’ils sont restés dix minutes, parce que leur crédibilité a été mise à rude épreuve (bah ouais, allez mettre une prune avec 6 ados handicapés en face de vous qui se foutent de votre gueule).

Mais surtout ce camp m’a apportée beaucoup à moi. J’ai appris tellement de choses pendant ces quelques jours ! Déjà, que même quand il fait 40° à l’ombre, que vous avez les pieds qui massèrent dans vos baskets, qui fument aussi, alors surtout, surtout ne JAMAIS enlever ses pompes coquées pour mettre des tongs. Parce qu’un fauteuil électrique sur le pied ça fait mal, mais en tong c’est insupportable. Vous voyez quand vous vous cognez le petit doigt de pied contre la table basse ? Ben voilà, ça multiplié par 10. Avec une belle foulure de ce même petit doigt à la clé c’est horrible !! Ca fait maaaal, c’est chiiiiaaaant, ça fout de mauvais poiiiil. Première leçon.

La deuxième chose que j’aurai appris pendant ce camp, c’est que dans le social, on sait picoler. En même temps quand on vous acceuille avec le pinard et le cidre, qu’on vous dit que s’il en manque il faut hésiter à en demander (hooo vous croyez ? Nooooooooon on va pas abuser. Bon d’accord, alors prévoyez deux bouteilles de plus par jour merci), bon ben y a pas photos, vous vous payez déjà la soirée avec les petits jeunes, et quand ils sont couchés vous attaquez la votre, jusqu’à tard… très tard…
Après vous rentrez crevé mais heureux, prêt à vous faire pourrir par vos chefs parce qu’ils ont décidé que de toute façon il y aurait matière à vous gueuler dessus (dites vous avez vu toute l’essence que vous avez utilisé ? Bah oui on partait dans le Triève chef, pas à 400 mètres hein.).

Enfin bref on a bien rigolé, un avant-goût de vacances. Pour un peu la vie serait presque pas de la merde.

Irak

Jeudi 9 juin 2005

Voilà juste un mail que j’ai reçu aujourd’hui, d’un ami très prôche qui est actuellement en Irak. Ecoutez braves gens, la vérité vient peut-être de ceux qui cotoient le manque absolu d’espoir…

« Ici, à Kirkuk, le temps passe vite heureusement comme ça on a moins le temps d’avoir peur. Je joue à James Bond toute la journée pour protéger les jours du col blanc qui est en mission. Les gens sont fous Lydie, fous à lier. Je me suis fait quelques potes Irakiens, j’ai dû gagner leur confiance, leur parler, les écouter davantage. Ceux-là ont tout perdu, ils sont malheureux, pour la plupart leur famille a disparu, ils n’ont plus de repère, plus d’amour, que de la haine à offrir et l’envie irrépressible de tuer un ricain. Car tuer un ricain c’est un aboutissement pour eux, c’est sordide mais donner la mort c’est leur vie. Je ne peux les haïr car je ne sais pas ce que je ferai si ceux que j’aime étaient morts par la faute d’un envahisseur menteur.

N’écoutez plus PPDA le soir, la réalité n’est pas ce qu’on lui demande de raconter. »

Garde espoir Déo, des fois la vie c’est pas trop moche. Pense juste à ta fille.

la gaffe

Vendredi 3 juin 2005

J’ai une particularité (et par pitié, dites-moi que je ne suis pas la seule) c’est que je me parle à moi-même. Bon j’évite le côté schizophrène, je ne parle pas à des gens imaginaires qui seraient à côté de moi, mais des fois je me tiens des bonnes conversations, pas toujours intéressantes certes, mais quand même.

Ca m’arrive surtout quand on me dit une connerie, genre quand on me croise en ville et qu’on me demande « tiens t’es pas chez tes parents ?  » (qui habitent à 200 bornes de là hein les parents), et bien j’ai toujours envie de répondre un truc du genre « sisi, je m’entraine à la téléportation là, parce que l’essence ça coute chers ». Bon, en même temps quand c’est quelqu’un de prôche je me gène pas pour le dire, quand c’est ma chef je me contente de dire « et bien non vous voyez ! ».

Le plus dur c’est quand il faut jongler avec ce qu’on pense et qu’on voudrait bien dire alors qu’il ne faut pas et qu’on s’arrache la gueule pour rester diplomate. Et cette semaine, j’ai gaffé…
J’avais réunion avec mon équipe et mes chefs pour parler des trois jours de camps qu’on organise bientôt pour nos chtits bernardos. Alors on a prévu plein d’activités, la visite d’un centre bio, une soirée guitare, la fête de la musique et une ballade en bateau. Là nos chefs ont tiqués, parce que soit disant c’est trop dangereux (bah oui, des handicapés sur un bateau entièrement équipé pour ce public, avec un éduc pour un gamin c’est sur que ça craint) enfin bref blablabla on a beaucoup argumenté.
A la fin de la réunion j’ai rejoint ma chef de service pour m’assurer qu’elle avait bien prévu un remplacement pour cette semaine, non pas que je lui fasse pas confiance mais en fait si… Et j’avais raison puisqu’elle avait encore fait ça de travers. Et là elle me pose la question qui tue : « mais pourquoi vous me demandez ça ? « . Donc là, hop dans ma tête j’ai une réponse immédiate (vous êtes aussi fiable qu’une lada 1982) et j’ai dit « parce que les jeunes aiment savoir qui travaille ». Ce qui est vrai en plus, mais admettez que côté faux cul je me débrouille très bien.

Je rejoins mes collègues, qui sont toujours en train d’essayer de convaincre big chef qu’une ballade en bateau peut entrer dans un projet éducatif réèl, quand un de mes collègues lui propose de venir avec nous faire du ski nautique trainé par le bateau (hahaha comment vas tu yau de poële ?). Là, j’ai pensé « c’est un réèl projet éducatif, aucuns d’eux n’a pris le bateau, ils ne savent pas quelle sensation ça fait ça peut être un apport pour eux » et j’ai dit « oui mais avec un parpaing alors le ski nautique ».
Et là, c’est le drâme. Donc je passe la période de flottement, les yeux exorbités de mes collègues, mon teint livide et le son prôche de celui de la marionnette de Hollande aux Guignols et la couleur prôche « tomates séchées au soleil » de ma chef. Je tente un léger sourire, genre mouahaha qu’est-ce qu’on se marre, et là surprise, alors que je m’attendais à être crucifiée sur place et être jetée aux loups, ma chef se marre, genre j’apprécie votre humour.

Je crois que c’est parce que mon contrat s’arrète en juillet et qu’après elle ne verra plus ma tête dans son bureau pour savoir pourquoi ma feuille de paye ne correspond pas à mon cacul et pourquoi il manque 6 heures de travail dessus et votre comptable il a été formé où, chez pinder ou quoi ?

Mais j’ai la solution, dés demain j’arrète de penser, et j’ai déjà le job niquel chrome pour ça : CRS. Halala si on me l’avait pas dit, j’aurai pu dire que la vie c’est de la merde, mais finalement aujourd’hui je vais pas le dire. C’est we, il fait beau et mon ventilateur marche bien ! Demain s’il pleut je vous dirai que la vie c’est de la merde c’est promis sinon je sais que ça va vous manquer.