Je me promenais par une soirée d’été Une de ces nuits chaudes et veloutées Où tout vous semble enchanté Où vous avez l’impression que rien ne peut arriver
Je me promenais sur ce petit sentier Quand tout à coup la lune s’est décrochée A quitté son plafond étoilé Pour venir tomber juste là à coté
Les étoiles se regardérent alors d’un air inquiet Toutes se demandaient ce qui se passait Pourquoi la lune soudainement partait Pourquoi tout à coup elle les abandonnait
Maintenant comment allaient-elles faire Pour survivre dans cette immensité austère Pour se guider sans cette rassurante lumière Sans cet astre qui était devenu leur mère
La lune entendant leur gémissements Ne voulut pas les délaisser dans ce questionnement Et de sa voix douce et si triste pourtant Leur répondit en sanglotant :
"Depuis des millénaires Toutes les nuits ce monde j’éclaire Depuis des millénaires Jamais je n’avais vu si triste la terre
J’ai toujours aimé régner Sur ces cieux étoilés J’ai toujours aimé éclairer de mon obscure clarté Cette nature par le noir apaisée
Mais aujourd’hui tout est différent La nuit n’apporte plus la tranquilité d’antan Rien ne parvient à calmer ces Hommes déments Rien pour eux n’est assez satisfaisant
Alors ils font ce qu’ils veulent de cette terre L’agressent, la tourmente, la font tourner à l’envers Sans se douter que s’ils persévèrent Cette ére sera la dernière
Mes nuits ne sont plus pareilles Plus aussi limpides plus aussi belles Les Hommes par leur inconscience éternelle Ont coupés mes ailes
S’ils continuent à pourrir mon ciel ainsi S’ils continuent à pourrir des vies S’ils continuent dans leurs tromperies Alors il faudra aussi qu’ils réinventent leurs nuits
Car sans lune elles seront"
Karen