Afin de se réconcilier avec sa mère, Siddalee va plonger dans le passé de sa mère et de ses amies d’enfance, les exubérantes et loufoques Ya-Ya, nous entraînant dans l’univers de la Louisiane avant l’ère de la climatisation et des centres commerciaux, quand on s’éventait à l’ombre des grands chêne centenaires en buvant du thé glacé, quand les secrets restaient en famille plutôt que d’être disséqués chez les analystes.
Ca sent la guimauve ! direz vous.
Oui mais.
D’une certaine manière, je dirais que ce livre est anti-houellebecquien (et vu que je déteste Houellebecq, ce ne peut être qu’un compliment). C’est loin d’être un chef d’œuvre de littérature, il n’y a pas de recherches stylistiques, mais c’est plein de chaleur, d’humanité et d’amour, et ça explore avec générosité et indulgence les rapports difficiles entre mère et fille.
C’est aussi très drôle, et on donnerait n’importe quoi pour avoir soi aussi sa tribu de Ya-ya pour faire toutes les conneries du monde et se foutre des conventions et des gens bien-pensants.
C’est aussi opposé à notre chère littérature française à la mode car c’est ancré dans le sensuel, le concret, le quotidien. Ca interroge sur les transmissions entre générations, et comment on se dépatouille avec l’héritage que nous filent nos parents, leurs limites, leurs failles, leurs cœurs brisés, enfin tout ça, c’est pas facile ma bonne dame.
On ferme les yeux sur les passages un peu mièvre concernant la fille et on rigole ou on s’emeut des tribulations de la Ya-Ya en chef, sa mère, la terrible Vivi Abbott.
Un livre a offrir à sa mère, voire à sa soeur si on a la chance d’en avoir une, et à lire en période de crise existentielle en bouffant des trucs sucrés pour se sentir toute réconciliée...