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Le réveil des consciences

vendredi 21 septembre 2007, par Anna Coluthe

On ne cesse de nous faire croire que les mentalités changent, que le monde bouge, bref, qu’enfin le citoyen lambda se réveille de cette hébétude qui le laissait subir sa vie, accepter par un fatalisme horripilant l’état de notre société.

Alors j’ai cherché moi, ce qui pouvait bien s’être réveillé brutalement ? Où je pouvais trouver des preuves de la fin d’une longue léthargie qui nous a fait accepter de n’être que des numéros…NON !!!Je ne suis pas un numéro !!!!

« Où étions-nous ? » chantait No one is innocent au lendemain du 1er tour des élections présidentielles de 2002. Et c’est vrai que là on s’est pris une grosse claque dans la gueule…On dormait, pépèresuadés que de toute façon on aurait comme d’hab un face à face gauche/droite, une alternance sans alternative mais plutôt confortable finalement, endormis du lobe que nous sommes ! et on s’est levé le matin avec une douleur terrible au…ventre bien sûr :-).

5 ans plus tard, on nous a bassiné avec le taux record de participation des jeunes par exemple, de la mobilisation de ceux des quartiers aussi, réveillés au son des sirènes des très médiatiques Jamel Debbouze, Joey Star…Bref, du gros lourd en ce qui concerne la classe politique émergente. Que des gens qui ont toujours eu un discours hyper politisé, citoyens concernés et impliqués…Moi là, j’ai eu envie d’aller me coucher et recommencer à rêver d’un pays où la conscience politique serait éveillée par la connaissance des faits, par une réelle volonté d’agir et de choisir en toute intelligence, non pour obéir aux ordres de pseudo-comiques (je parle de Joey là) et voter ce qu’il fait bon voter quand on vit dans le 93 par exemple. S’inscrire, c’est super, mais il fallait aussi donner les moyens de réellement choisir, d’appréhender la politique…Un truc qu’on ne fait même pas à l’école et qui pourtant aurait une vraie utilité.

On en parle vite-fait de l’école ? elle meurt…elle meurt de ne pas comprendre ce qui se passe dans la vraie vie…L’école aujourd’hui est un microcosme virtuel, totalement en décalage avec la réalité. Aucune adéquation entre les réels besoins de la société, le public auquel elle s’adresse, aucune connaissance non plus du monde du travail. Bref une bulle qui transmet des savoirs qui ne servent plus guère actuellement. C’est comme si on donnait un couteau en plastique pour abattre un arbre.

Sommes-nous réveillés aussi quand on laisse la presse, je journal télévisé, nous anesthésier avec des infos lénifiantes, du type Nicolas Sarkozy a des bourrelets, il court il court le furet, ou commentant la séparation de Ségo et Hollande ? C’est pas affligeant ça ? c’est le progrès ? l’évolution ? qui font que l’on détourne ce qu’il y a de plus précieux –la liberté de la presse – pour en faire de la grosse daube qui nous fait oublier les vrais problèmes ?

Les mentalités ont changé aussi parce qu’on est devenu plus clairvoyants, parce qu’on est sorti de l’obscurantisme religieux qui fait tant de ravage dans des pays proches du nôtre, parce que la Raison est devenue notre lumière ? C’est sûr, on a abandonné les croyances, et on les a remplacées par une autre dépendance : la consommation, l’obéissance au diktat des marques : le dieu Coca-Cola , ses apôtres MacDo, Nike, Universal…se retrouvent autour de la Cène, partagent le gâteau et boivent dans la coupe du profit…Notre quête du Graal aujourd’hui se réduit au confort matériel mais aussi intellectuel : moins je pense, plus je possède et mieux je suis.

Rien ne me donne ici l’impression d’assister à un réveil …Plus de rebelles, de révoltés…Que des agitateurs, des gens qui profitent du système ou qui y mettent le feu au lieu de le changer en profondeur…Allez, je vais me recoucher moi. J’ai dû me planter dans l’heure quand j’ai réglé ce réveil . C’est pas encore pour maintenant…Bonne nuit les gens !

41 Messages de forum

  • Le réveil des consciences 22 septembre 2007 19:56, par Attila

    Je ne suis pas d’accord et choqué. D’abord parce qu’il est certain que ce n’est pas en allant se coucher et en attendant après les autres que les choses changeront. C’est symptomatique du gars qui dit qu"il ne va pas voter parce que sa voix ne changera rien.

    Ensuite parce que tout n’est pas si moche et définitif.

    Je vais donc mettre le dodo sur compte du sujet imposé du mois, et ta vision assez caricaturale de la société sur le compte d’un énervement momentané (ce qui m’arrive aussi et m’empêche de penser avec cohérence - cf débat sur forum du CPE).

    Quand tu parles de politique tu fais allusions au coté "amour, gloire et beauté" que lui donnent les médias à forte audience. C’est d’ailleurs sur ces médias qu’on retrouvera aussi les publicités pour cacacola ou macdo. Il n’y a pas de mystère. Mais pourquoi en parler ? Pourquoi faire comme s’il n’existait que cette information ? Ils sont majoritaires alors tout est foutu ? "On ne peut rien à ce que cela soit, alors occupons-nous plutôt des choses sur lesquelles on peut agir." "La civilisation et la barbarie cohabitent dans un jeu dialectique intense qui rend les mutations très lentes.[...] Ceux qui, sans même en être conscients, combattent aux côtés de l’espèce contre la civilisation sont toujours majoritaires. D’autant plus que ceux qui se battent aux côtés de la civilisation ne sont pas exempts d’instincts primitifs[...] Voila pourquoi la civilisation avance si lentement : parce que même ceux qui l’élaborent sont sans cesse tentés de se saisir de l’objet sexuel et de copuler avec sans délai. Quant à ceux qui la combattent, ils ne perdent pas de temps à souffrir des contradictions." Extraits tirés du Traité de Savoir-survivre pas temps obscurs, Philippe Val. Un ouvrage que je te conseille au même titre qu’il te conseillera de (re)lire les Essais de Montaigne (plutot que les déboirs du couple Hollande-Royal).

    Evidemment c’est un peu frustrant de se dire qu’on ne verra pas les fruits de son combat parce que cette saloperie de Civilisation avance trop lentement. Reste à savoir si on se bat pour soi ou pour un ideal de civilisation. Et là on touche un point sensible parce que c’est typique du citoyen élevé dans une société de consommation : on veut tout et surtout tout de suite. Autrement dit : je veux bien me battre mais uniquement pour un résultat immédiat sinon je retourne directement me coucher.

    Réfléchissons donc à ce que nous voulons réellement et ensuite à ce que nous sommes prêts à sacrifier pour ça. En attendant bonne lecture.

  • Le réveil des consciences 22 septembre 2007 20:52, par Anna Coluthe

    Merci Attila pour ce commentaire...Oui je suis énervée et la tentation d’aller me coucher est grande lorsque je constate dans quelle direction notre société se dirige. Je ne prône pas l’immobilisme, je n’attends pas que les fruits tombent immédiatement mais que chacun tente de planter la graine qui les fera mûrir. Tu cites Philippe Val et je suis certaine que tu admires celui de Charlie Hebdo, pas le bobo qu’il est devenu dans Libé ! "La crainte, le désir, l’espérance, nous élancent vers l’avenir : et nous dérobent le sentiment et la considération de ce qui est, pour nous amuser à ce qui sera, voire quand nous ne serons plus." déclare Montaigne dans ses Essais... Je m’élance vers l’avenir Attila, chaque jour, dans l’exercice de mon métier, j’essaie de faire comprendre à des dizaines "d’apprenants" que le bonheur est dans l’action, l’engagement et non pas dans le plaisir du résultat immédiat, de la possession...Mais force est de constater que la tâche est immense et que le discours général et ambiant ne va pas dans ce sens. Alors si toi et moi et quelques autres nous savons que le combat sera long, moi je pense aussi à tous ceux qui l’ignorent, qui sont manipulés comme l’affirme Val mais n’en ont même pas conscience. Dès lors, il en faut de la force pour se lever le matin ! et pour citer Sénèque, repris par Montaigne : "Calamitosus est animus futuri anxius ". ( "Malheureux est l’esprit soucieux de l’avenir") . Voilà sans doute pourquoi parfois je me décourage un peu...Mais il faut bien que quelques uns luttent et se sacrifient pour les autres... et s’il n’en reste qu’un, ce sera toi Attila ?

  • Le réveil des consciences 22 septembre 2007 23:03, par abadeprime

    Je m’élance vers l’avenir Attila, chaque jour, dans l’exercice de mon métier, j’essaie de faire comprendre à des dizaines "d’apprenants" que le bonheur est dans l’action, l’engagement et non pas dans le plaisir du résultat immédiat, de la possession..

    Sont tous méchants avec toi ....tout seule tu ne peux sauver le monde...allie toi aux insectes..les fourmis...une reine et tous les autres bossent ...les humains sont humains..même au réveil..c’est pour ça qu’on s’aime.. ;dans mon hlm...

  • Le réveil des consciences 23 septembre 2007 18:24, par Orphee

    Tiens ? Où as tu lu/entendu qu’il y avait un "réveil des consciences ?" j’ai plutôt l’impression que quelques uns disent "il faudrait un réveil des conciences".

    j’ai un peu traîné dans les milieux militants à chercher des choses qui me correspondent mais au jour d’aujourd’hui je cherche encore. Je comprend ton découragement pour l’avoir souvent ressenti (d’ailleurs je ne suis plus trop l’actu que par le biais de mon travail). Certes, je ne changerais pas le monde à moi toute seule, et puis même si je le pouvais, c’est pas sûr que je fasse pas de conneries - comment savoir si j’ai raison ou tort, la globalité est trop complexe, et je n’aime pas avoir des certitudes alors que je sais que pleins de paramètres m’échappent. Le seul truc que je puisse faire, c’est d’être en accord avec ce que je ressens, et de trouver un juste milieu entre l’action et l’inaction, toujours pratiquer la non violence, réfléchir à la conséquences de mes actes / non-actes (c’est pour ça que j’ai jamais adhéré aux activistes - même si il ya un côté excitant dans l’action directe et illégale -hum et aussi par paresse ^^), mais sans me laisser à la résignation, parce que perso j’ai l’impression que ça me mène tout droit à la depression. "Se résigner, c’est se suicider tous les jours". feels so much better when you react :).

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 08:43, par jojo

    Personnellement j’ai l’impression que réveil ou non, une chose a changé ces dernières années, c’est l’accès à l’information. Dans un premier temps, l’évolution des modes de transports et des moyens de communication a progressivement modifié les choses, gommé les distances. Il était plus simple je pense d’ignorer la situation catastrophique d’un pays quand on en avait uniquement quelques nouvelles lointaines, que maintenant où l’on obtient en continu des images et des vidéos, et où l’accès à ce pays n’est pas si compliqué (26 euros Grenoble Dublin A/R avec Ryan Air, moins cher qu’un billet de train pour Lyon). Même si il y a un effet de lassitude ou la nécessité de surenchère, je pense que globalement une crise comme celle du Darfour aurait eu encore moins d’impact sur le public il y a 50 ans, par exemple.

    L’autre point qui a changé, récemment, c’est internet. Même si le niveau des mass médias est globalement en baisse, il est de plus en plus délicat d’étouffer complètement une information, et tout circule de plus en plus vite.

    C’est pour ça que je pense que le terme "réveil des consciences" n’est pas totalement usurpé. L’écologie par exemple concerne de plus en plus de monde, et il était temps. Effectivement il y a un fossé entre être conscient d’un problème et agir pour y remédier (c’est d’ailleurs ce fossé qui a donné son nom à mouton rebelle).

    J’avais envie de terminer ce message sur une note très négative, du genre la génération qui arrive est pire que la précédente, beaucoup de problèmes actuels doivent trouver une solution maintenant ou ils n’en trouveront jamais, les gens qui se sentent concernés ne sont pas foutus de bouger alors les autres ont en parle pas, mais je viens de me souvenir que j’étais d’un naturel optimiste alors je vais m’abstenir...

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 09:52, par Attila

    Anna, je ne pense pas être le dernier rempart de la civilisation, ni ne le souhaite. Le but c’est que les générations futures prennent le relais et ainsi, faire en sorte que la civilisation ne meurt point. Pour autant, ce n’est pas parce que la civilisation existe et avance que la barbarie, elle, disparait. Dans livre, Val prend l’exemple cocasse du conducteur de char a 4 chevaux qui deja dans l’antiquité traumatisait les petits vieux qui voulaient traverser la chaussée. Et il nous explique fort justement, qu’à cette époque les conducteurs de char a 4 chevaux étaient deja bien plus nombreux que les Socrate. Les Socrate ont fait avancer la civilisation et la font surement encore avancer, tandis que les chauffeurs de chars a 4 chevaux se sont simplement muent en conducteurs de 4x4. Des crétins il y en aura toujours et il faudra faire avec.

    Jojo, je ne pense pas que la génération suivante sera pire que la notre, comme je ne pense pas que notre génération est pire que celle de nos parents. Certes, notre génération est corrompue, mais seulement d’une manière différente de celle de nos parents. Aujourd’hui la propagande cherche a nous faire consommer, hier elle cherchait a engendrer une haine des juifs. Pour autant, il y a eu des résistants et ils étaient en minorité. Je crois que tant que la Civilisation vit, alors tout est espoir est permis. Il est certain que plus elle vit dans une cercle de personne restreint, plus la probabilité pour qu’elle disparaisse est élevée. Mais je ne pense pas qu’on en soit deja a imaginer sa disparition. Et même si nous ne sommes pas des philosophes éclairés, ni des hommes de pouvoir clairvoyants, a notre niveau nous faisons vivre cette Civilisation, en discutant, en restant lucide, en restant instruits, en restant créatifs et en restant critiques. Nous sommes une part de la Civilisation et nous la faisons vivre.

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 13:03, par Anna Coluthe

    "La barbarie naît de la civilisation : de la certitude d’être le civilisé face au barbare." Il m’apparait parfois évident que nous glissons dans une néo-barbarie, née de la certitude que nous n’avons plus rien à attendre de la civilisation. Les photos prises par Jojo à la fête de l’Huma sont en ce sens révélatrices : qu’avons-nous fait de nos idéaux, de notre soif de progrès si un tel rassemblement devient un lieu de beuverie ?

    On n’est pas obligé de participer à cette liesse (enfin le terme parait ici fort inapproprié) par conviction mais par envie de partage...Mais quand on constate ce que les crétins que tu cites Attila en font de cette fête, ça fait peur quand même. Je ne me résigne pas non plus même si je le disais, parfois j’ai très envie d’aller me coucher. J’essaye d’apporter ma petite pierre à l’édifice, de diffuser les idées, d’alerter les consciences mais le dire ce n’est pas forcément être entendu.

    Je citais Hugo quand j’ te disais "Et s’il n’en reste qu’un ce sera Moi" car nous sommes tous d’accord sur ce point : malgré Internet, malgré tous les moyens mis en notre possession pour être informés de ce qui se passe dans le monde qui bouge incessamment ("cette branloire pérenne" chère à Montaigne), peu nombreux sont ceux qui agissent, même à leur niveau...Et des cons en 4x4 il y en a de plus en plus ! :) Je suis donc Jojo, malgré les coups de blues je reste résolument optimiste puisqu’il y a des Attila, Orphée...

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 13:17, par banux

    Je pense que peux de personne ont ces idéaux et cette soif de progrés, d’ailleur la plupart des personnes refusent ce progrés, cette remise en question permanente. L’information est accessible plus facilement mais encore faut il avoir la volonté d’aller la cherché, de démélé le vraie du faux, la propagande de la réalité. Tant que le planché culturel ne sera pas relevé et que la l’envie d’apprende et de réagir ne sera pas donné au plus grand nombre je pense qu’il sera compliqué de faire évolué la civilisation à un stade supérieur.

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 13:35, par Attila

    Pas d’accord. Comme j’ai tenté de l’expliquer un peu plus haut, depuis l’Antiquité, ceux qui se sont battus pour faire avancer la Civilisation ont toujours été minoritaires.

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 14:09, par jojo

    @Anna : pour la fête de l’Huma, j’illustrais juste les dégats causés par une minorité ; j’ai trouvé ça très dommage, mais ça n’enlève rien à la valeur de certaines personnes présentes là bas ni à la réalité de leurs actions quotidiennes. On peut aussi espérer que cette minorité évoluera, on a je pense tous fait des choses qu’on ne ferait plus...

    @Banux : d’accord pour l’idée qu’on ne peut forcer personne à s’informer. c’est pour ça que je rigole doucement quand on nous vend internet comme une révolution pour la politique et l’information, alors que dans les faits ce sont les gens déjà concernés à la base qui vont chercher à en apprendre plus, à échanger et à débattre, tandis que la grosse majorité ira sur les portails de tf1, d’orange, sur myspace ou les skyblogs...

    @Attila : tom optimisme d’aujourd’hui me rend tout chose mon lapin :-).

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 15:28, par Anna Coluthe

    @Jojo : et as-tu remarqué que c’est toujours cette minorité-là dont se repaît l’information dite officielle ? C’est rarement la minorité dont parle Attila...Voilà bien le noeud du problème... "on a je pense tous fait des choses qu’on ne ferait plus...">oulala, m’en parle pas !!!

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 19:16, par keraoc

    Attila > Me ne crois tu pas qu’a cette époque la, l’antiquité, il était plus facile d’être une minorité pour faire évoluer les choses ? Et que justement, aujourd’hui dans une société de telle masse, il ne faut plus des minorités pour évoluer, seul les groupes importants avec des moyens importants arrivent à changer les choses ? On ne peux pas comparer la société actuelle avec l’antiquité. A cause de l’évolution de la société, et surtout de la vie en société, les conditions ont complétement changées. Ca serait comme comparer internet et les pigeons voyageurs.

    C’est justement parce que la civilisation évolue, que les prises de consciences doivent évoluer aussi.

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 20:04, par Attila

    ahah, effectivement j’imagine avec quelle simplicité Aristoste devait convertir des hordes de barbares analphabètes. Si l’idée est drole, je ne suis pas certain qu’une minorité d’intellectuels face à une majorité de glaives soit la configuration idéale pour faire avancer la civilisation. Quant au reste de ton raisonnement, je ne suis pas sur d’avoir compris.

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 20:10, par keraoc

    Ouai je sais pas si j’ai vraiment compris non plus. Un barbare, c’est peut-être con et analphabète, mais quand il s’agit d’apprendre des nouvelles choses qui peuvent l’avantagé, c’est loin d’être aussi con. Et au passage, je pense que Aristote n’a jamais été au contact de barbare, mais plutôt au contact du peuple Grecque qui était loin d’être une horde de gros troll complètement débiles.

    Et aujourd’hui ? Qu’en reste-t-il des barbares ? Apparemment, leur "civilisation" a pris le pas sur les gros bouseux tu crois pas ? Mais aujourd’hui ? On est toujours aussi civilisé, mais on arrive toujours pas à faire comprendre à certain peuple que ça sert à rien de "kamikazé" les siens. Alors lesquelles des barbares sont les plus facile à convaincre ? Ceux d’il y a 1000 ans ? ou ceux d’aujourd’hui ?

  • Le réveil des consciences 24 septembre 2007 21:48, par oprhee

    "Et au passage, je pense que Aristote n’a jamais été au contact de barbare, mais plutôt au contact du peuple Grecque qui était loin d’être une horde de gros troll complètement débiles.

    Aristote : philosophe et savant grec. Barbare : Emprunté au lat.in barbarus « étranger » d’après l’usage grec , en parlant des Romains .

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 07:54, par keraoc

    À l’origine, le terme barbare — emprunté en 1308 au latin barbarus, lui-même pris au grec barbaros (« étranger ») — était un mot utilisé par les anciens Grecs pour désigner d’autres peuples n’appartenant pas à la civilisation grecque, dont ils ne parvenaient pas à comprendre le langage. Barbaros n’a à l’origine, aucune nuance péjorative, il signifie simplement « non grec » ou plus largement toute personne dont les Grecs ne comprennent pas la langue, quelqu’un qui s’exprime par onomatopées : bar-bar-bar.

    Donc pas seulement les Romains, mais tous ce qui n’est pas Grec.

    Et parce que apparement cité Montaigne c’est super classe : « Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu esgard aux règles de la raison, mais non pas eu esgard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie. »

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 10:59, par jojo

    "On est toujours aussi civilisé, mais on arrive toujours pas à faire comprendre à certain peuple que ça sert à rien de "kamikazé" les siens"

    Heu.... Faire kamikazer ? Je pense que c’est un choix, assez souvent. Et je pense que si on avait pas eu la chance de naître où on est né on aurait peut être considéré ce dernier recours pour se faire entendre (même si c’est tout sauf constructif et que ça fait un peu désordre de répandre des bouts de soi de partout en atomisant des innocents, je suis d’accord).

    Enfin pour moi la barbarie est plus chez nous que chez eux, donc ta remarque passe mal... La barbarie c’est de conduire des gens à cette extrémité, et les pays riches sont parmi les premiers responsables

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 12:17, par Anna Coluthe

    Le barbare c’est l’étranger, l’autre, celui qu’on ne comprend pas. Pour faire avancer notre civilisation, il faut parfois être barbare parmi les siens et prendre le risque de ne pas être compris du plus grand nombre auquel nous ne voulons pas ressembler. Soyons donc des barbares mes amis !!! :) Le principal étant que nous ne finissions pas cyniques...j’ai pas envie de vivre dans un tonneau !!! ou alors on le vide tous ensemble à la fête de l’Huma ?

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 12:24, par Keraoc

    Jojo > Je nie pas. Dixit la citation de Montaigne donné ci dessus. Nous les surpassons certainement dans certaines sortes de barbarie. C’est justement le problème de l’éveil des consciences. On est toujours des barbares, mais il est de plus en plus difficile de faire entendre les évolutions, et les progrès. On peut continuer dans les exemples débiles, mais les Etats-Unis commencent à peine à comprendre que un 4x4 qui dépense 33L/100 c’est peut-être pas super pour l’écologie tout çà, et c’est pourtant pas faute d’avoir essayer.

    ( Tain en fait jdis trop n’importe quoi )

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 14:01, par banux

    Le problème de n’être pas compris par le plus grand nombre et de sortir de cette société n’est pas une bonne solution, effectivement se retrouver entre gens qui comprennent les implications de l’actualité, qui se renseignent c’est agréable mais si ça ne permet pas au autre d’évoluer ça revient à reproduire une phénomène d’élitisme, de séparation entre les barbares et nous. Ce qui me rassure c’est que toute les grandes c’est que toute les grandes civilisations se sont effondré , les barbares ont appris a commercé et les anciennes puissances à être plus humble, il faut espérer que notre tour est proche, (je dirais dans 50-70 ans a se rythme) afin de reconstruire quelquechose.

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 14:22, par Anna Coluthe

    L’élitisme a toujours une connotation péjorative et ce n’est pas de cela dont je parlais en disant "soyons les barbares de notre civilisation", je pensais à "éclaireurs" mais ça craint, ça fait boyscout...

    Alors je rectifie : quelques uns qui se comprennent et parlent la même langue peuvent s’unir pour apprendre au plus grand nombre cette même langue : on peut appeler ça la diffusion des idées, la divulgation ; la vulgarisation, la démocratisation, pffffffffff je suis en panne là. Je consomme moins qu’un 4x4, je pollue moins aussi !

    Bref, pour résumer, il est certain que l’humilité est la condition sine qua non à l’évolution. Cessons de nous prendre pour les civilisés, pour LA référence, et l’on évoluera forcément . Le réveil des consciences, c’est peut-être ça : accepter qu’on ne soit pas tous réglés à la même heure mais s’entendre quand même pour que les aiguilles continuent de tourner...

    (j’suis d’accord, trop de métaphores tuent la métaphore...toutes mes excuses)

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 14:59, par Attila

    Oh très bien je vois qu’on veut faire du chipotage sémantique plutot que de faire l’effort de comprendre. Soit. Je vais être patient et reprendre calmement.

    Si pour les grecs le terme barbare englobait tout ce qui n’était pas grec, on peut dire, je crois, que le sens a évolué depuis. Lorsqu’on parle de pratiques barbares, on ne parle pas de pratiques étrangères, mais plutot de pratiques cruelles, ou monstrueuses, ou horribles. On peut donc dire que les camps de concentration sont une engeance de la barbarie. Mais attention, magie des mots, on peut aussi employer le terme barbare pour désigner quelqu’un qui ne fait aucun effort pour corriger son orthographe.

    Maintenant que la notion de barbare est posée, j’en viens au fond. Pigeons internet ou réseaux voyageurs, tout ceci n’est que moyens de communication. Et ces moyens de communication sont utilisés à la fois par ceux qui combattent pour la civilisation et par ceux qui combattent contre elle. Les réseaux des communications ne sont qu’un moyen au service d’une fin, et ce pour les deux camps. Je ne pense donc pas qu’il faut être obligatoirement majoritaire aujourd’hui pour faire avancer la civilisation. Ca n’a aucun sens puisque le plus grand nombre combat la civilisation. A quoi cela servirait-il de passer des émissions culturelles aux heures de forte audience, puisqu’au final personne ne les regarderait. Les gens qui combattent aux côté de la Civilisation savent ou aller pêcher leurs informations, savent ou trouver du contenu, savent ou aller pour s’enrichir intellectuellement, et donc faire avancer la Civilisation. Les autres, se gavent de débilités et ainsi va le monde. Il s’agissait déjà des mêmes qui n’écoutaient que leur curé quand une comète passait dans le ciel pour annoncer la fin du monde, tandis qu’à côté un certain Galilée se faisait torturer afin qu’il reconnaisse la platitude de notre planète. Et tu penses qu’il était donc plus aisé de faire avancer les choses à cette époque ? Il a fallu attendre la fin du XX° siècle pour que JP2 reconnaisse que l’église s’était gourée sur la théorie de Galilée...

    Quant aux Etats Unis, tu fais dans la caricature avec l’exemple du 4x4. Et en même temps difficile de ne pas être d’accord, car oui, ils sont une majorité a être comme ça (là bas comme ici). N’empêche que si tu regardes de plus près, il y a aussi aux USA des gens qui oeuvrent pour lutter contre le réchauffement et la pollution (et je ne parle même pas d’Al Gore), et qui font qu’actuellement les USA ont une technologie très avancée dans ce domaine. Quelque soit le lieu, quelque soit la société, les lumières de l’esprit cottoient l’obscurité de la bêtise. Et partout comme à chaque époque, le rapport de force n’est pas égal. Il faut l’accepter et avancer.

    Quand Galilée, frustré, sort de son salon de torture en disant "et pourtant elle tourne", il sait qu’un jour on lui donnera raison. L’espoir c’est de se dire que même si on est minoritaire, la vérité finira toujours par triompher. Il faut être confiant, patient et engagé.

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 21:49, par Pedrof

    Perso je pense que déjà on avancerait en oeuvrant activement pour intégrer les jeunes des cités dans la société et la vie active. On parle beaucoup de théorie ici, mais je crois que ça serait un point pas mal pour commencer. Quand j’y pense, je me dis que pourtant il y aurait des choses à faire : petit à petit défaire le phénomème de ghettoisation en construisant des hlm dans les quartiers "normaux", dans le but de réduire le fossé séparant les français et les gens de la banlieue.

    Voilà une application pratique, une parmi bien sûr des milliers, mais je crois que c’est ce genre d’évolutions qui peuvent nous porter haut.

    Ensuite je vais le répéter encore une fois, mais personnellement je place beaucoup d’espoir en l’art et la culture de masse, spécialement le cinéma et (surtout) le jeu vidéo. Ce que fait Al Gore par exemple, j’adore. Et je rêve d’oeuvres ainsi qui feraient découvrir à leur spectateur toute l’ampleur d’un problème (au long de la progression d’un jeu vidéo d’aventure par exemple) et qui, une fois le jeu fini, donnerait le lien d’un site pour participer à un mouvement bien réel avec l’objectif de faire bouger les choses. J’ai quelques idées dans cette optique-là, j’y crois vraiment.

    Par contre, un point dont je voulais vous parler. Vouloir faire ce dont on parle là, "changer les choses et la societe pour le meilleur", c’est déjà prétendre savoir ce qui est bon pour les autres à leur place... Perso ça me choque pas, je n’ai pas de problèmes avec cette idée (ça vous surprend, ehin ;) mais certaines personnes, si, cruellement.

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 22:31, par Keraoc

    Al Gore, aussi bien que son film puisse être, c’est quand même un gros frustré qui cherche désespérément une revanche contre Bush. Je dis pas qu’il a tord, ou qu’il n’a pas de raison d’être en colère, bien au contraire. Mais parfois ça frise le pathétique ( je pense bien sur a certain passage de son film, An inconvieniant truth ). La polémique, le message du film est très bien. La mise en scène des événements climatique, c’est super bien aussi. Les passages interminables ou on le voit se contempler dans son reflet sur une vitre, ou les 15 minutes sur comment il a perdu .......... je vois pas le rapport avec l’écologie, et je trouve que ça le porte un peu en ridicule, genre un peu mauvais perdant ( même si encore une fois il a toute les raisons de l’être, et que bien sur quelque chose de louche la dessous ).

    Je pense pas que le jeux-vidéo aider en soi à aider la société. L’art et la Culture, ça apport quelque chose, c’est sur. pas toute les réponses, pas toutes les solutions, mais ça aide à l’épanouissement, pourquoi pas. Le jeux-vidéo ? heu .. franchement ? non je pense pas. Y’a jamais autant de daube dans le milieu depuis qu’il est autant médiatisé, le milieu a jamais été autant culcul la Praline que depuis ces 3 dernières années ( Plus grosse vente d’Ubisoft ? Alexandra Ledermann, Pupute sur un cheval, et c’est pas moi qui le dit, dixit Directeur de Studio Ubi ). Je vois pas en quoi le jeux vidéo fait de nous des gens meilleurs. Toi qui est un FanBoy Sony ( disons le ), tu trouve que leur pub "This is living" de 8.5 minutes t’aide à te sentir mieux dans la vie ? Çà t’a peut-être faire découvrir que la vie c’est des filles, dla drogue, de l’argent et des armes ( et dla masturbation ;) ). Moui peut-être. A part peut-être les mystères du Louvres, Crysis, GTA et Gran Turismo n’aideront pas, à mon avis, le réveil des consciences.

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 22:50, par jojo

    J’avais envie que ce long débat de comptoir se termine sur le chouette post d’Atilla, mais bon, je ne peux pas laisser passer certaines choses...

    @Pedrof : je serais peut être le seul à être horrifié, et je sais que c’est plus une question de formulation qu’autre chose, mais c’est quoi cette phrase : "réduire le fossé séparant les français et les gens de la banlieue" ? je trouve les choix des mots bien révélateurs de notre époque et du matraquage médiatique...

    @Keraoc : je vois pas en quoi la proportion de daube est plus importante dans les jeux vidéos qu’au cinéma... et le jeu vidéo est un média récent qui ne s’assume pas encore totalement. Pour ne prendre que deux exemples, je trouve l’univers de Bioshock bien plus intéressant que celui des Pirates des Caraïbes, et je pense que jouer à Cerebral Academy ne rend pas plus con que regarder Spiderman... Alexandra Ledermann est un jeu pour gamines de 6-12 ans ; le jeu est clairement une bouse, mais parmi les filles qui jouent maintenant certainent joueront probablement encore dans 10 ans, avec on peut l’espérer des attentes un peu plus hautes. Si la cible se féminise c’est tout benef pour le contenu des jeux, qui sortira un peu du cliché héroïnes à forte poitrine / grosses pétoires. Et dans l’absolu je crois qu’à contenu aussi creux on est moins lobotomisé par un jeu que par un film.

  • Le réveil des consciences 25 septembre 2007 23:18, par Keraoc

    J’avoue, que j’avais envisagé de répondre a Attila ( notamment sur Galilée ), mais je me suis ravisé, avouant que sommes toutes, il avait pas TOTALEMENT tord :). Mais bon, je ne peux laisser notre ami pedrof sans réponses :)

    @Jojo > J’ai pas parlé Cinéma. Ça fait longtemps que je n’y vais pratiquement plus. Même si chaque semaine je continue d’éplucher les sorties. Jamais rien ne m’attire. ( D’ailleurs je veux noter au passage, qu’il y a quand même dans le box office Ratatouille et Meet the Robinsons, qui sont des bons films ( auto promo ) ainsi que 300 qui est tout de même pas dégeu .... bon par contre y’a tous le reste ). J’ai parlé du film de AlGore que j’ai adoré, mais qui m’a dès le début porté sur l’appriori que dégouter de la politique, le pauvre garçon devait se trouver un autre cheval de bataille. Un cheval sur lequel il guerroye fort bien, on est d’accord. J’en ai pas parlé, parce que c’est pas la même approche que le jeu vidéo ( d’ailleurs tu critique Spiderman, ce qui m’étonne de toi car je crois qu’il t’avait plus ). J’en ai pas parlé non plus parce que sinon Pedrof allait encore sortir un truc genre "Dans Battle Royal y’a un message caché sur l’amour bien fondé d’un homme pour son couteau de cuisine’ ou ’Old Boy c’est l’Amélie Poulain du soleil levant’. Donc jme suis abstenu ( Private Joke bien sur ). En terme de créativité, le jeux video est bien au dessus du cinéma ( actuellement et moyennement ). C’est du à leur nature différente, l’un est fil que l’on suit, l’autre une bobine ou chaque brin nous mène quelque part. C’est différent. Pour Ledermann, l’explique est en fait relativement simple : une fille de 6-12 ans ne pirate pas. Ce n’est pas le plus succès, mais la plus grosse vente, ce qui sommes toutes est différents. Je n’ai pas dit non plus que le jeu-vidéo n’évoluait pas. J’ai dit pas forcément dans le bon sens ( on a combien de bioshock par an ? 1 ? 1.5 ? Et de Gta et de FPS débile ? 10 ? 20 ? ), mais que je ne pensais pas que c’est ce qui allait aider les gens à se réveiller et oeuvrer pour le bien de ce monde. C’est une autre forme de culture, et de divertissement. Plus culturelle, plus évolué. Mais pas plus dénonciateur. Joué a Bioshock t’a-t-il sous quelques formes changés ta manière de voir le monde ? T’a découvert que vivre sous l’eau ca craint et qu’il faut pas faire de manipulation génétique sur les petites filles ? Et sinon ?

    A ce moment, la, je préfère mille fois la conférence donné par Orphée ya’ un peu près un mois sur les OGM.

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 00:05, par jojo

    L’idée avancée par Pedrof, et pour une fois je le rejoins, c’est que les créations artistiques peuvent dénoncer, sensibiliser, tout en divertissant. Pour moi ça exclut d’office les reportages, qui n’auront de toutes façons qu’une audience très limitée (ou alors ce ne sont pas vraiment des reportages, comme les films de Moore). Je pense que faire passer un message de manière indirecte a parfois plus de poids, et touchera probablement un public plus large.

    Des exemples ? Princesse Mononoké et Final Fantasy 7 racontent tous les deux une belle histoire tout en étant profondément écologiques. Bioshock (pour les jeux vidéos) et Starship Troopers (pour les films) jouent à fond la carte de la publicité propagande, immorale. La fin de MGS 2 m’a beaucoup fait réfléchir également...

    Il y a des jeux (et des films, et des séries, et des livres) qui seront toujours là uniquement pour divertir, sans message à lire entre les lignes, et c’est très bien ainsi (cf ta remarque pour Spiderman).

    ’En terme de créativité, le jeux video est bien au dessus du cinéma’ => pfoullalala pas d’accord du tout... si tu as envie de voir des films intelligents tu peux y passer ta vie je pense, pour les jeux faut vraiment s’accorcher... le cinéma est beaucoup plus mature et plus riche, même si les possibilités offertes par le jeu vidéo devraient à terme inverser la donne.

    mais que je ne pensais pas que c’est ce qui allait aider les gens à se réveiller et oeuvrer pour le bien de ce monde’ => prendre conscience et agir sont deux choses profondément distinctes. ça fait une éternité que je sais que le monde va mal mais globalement ça m’empêche pas de vivre de consommer et de polluer. si je savais comment faire réagir les gens je commencerai par moi :)

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 09:28, par Anna Coluthe

    Bravo pour le mea culpa Jojo...nous pouvons tous en faire autant. De digression en digression on en arrive quand même tous à la même conclusion : il faut d’abord une prise de conscience et cela passe par l’accès à la culture pour tous, quelque soit la forme qu’elle emprunte et qui parfois peut paraître un peu facile, mais il faut que la culture et la connaissance soient le moteur de notre société pour qu’enfin elle devienne meilleure...Là est la fin, le but vers lequel nous sommes tous tournés. Le problème est de savoir comment agir...d’abord chacun à notre niveau, c’est déjà bien.

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 09:49, par banux

    Le problème actuel pour le passage de la culture et de la connaissance c’est qu’on cherche absolument a l’encadrer, a la rendre rentable. Il suffit de regarder les efforts fournis par les majors pour enrayer le piratage, la dernière lettre de notre cher ministre de la culture.

    Car a part des certaine initiative tout a fait intéressante comme la gratuité de certain musée le premier dimanche du mois, l’accès à la culture coute cher en temps, en argent et en effort. Ce qui limite aussi ça propagation. On parlait de banlieue, déjà que le dimanche est souvent est jour de flemme, donc quand il faut prendre un rer (qui passe pas souvent vu qu’on est dimanche) et qui a un coup, payer l’entrée du musée (souvent autour des 10 euros), on arrive souvent a un budget que la plupart des personnes ne peuvent pas se permettre.

    (Je poursuivrais plus tard, le boulot m’appelle)

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 13:21, par Attila

    Comme accès a la culture, on peut prendre aussi l’exemple de Wikipedia. Malgré tous ses défauts, ça reste une oeuvre culturelle majeure faite d’actions mineures additionnées. On peut simplement agir à notre niveau et être quand même acteur d’un mouvement d’une grande ampleur. Et qui en plus reste gratuit.

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 17:52, par Keraoc

    @Banux : Je suis bien d’accord. La culture n’est pas toujours accessible financièrement. Anna témoignera, 15min de voiture, 12€ d’entrées ( pour deux ) pour au final une exposition décevante par rapport à ce qui était annoncé. On est dans une société capitaliste, la culture n’y échappe pas. Tout à un prix. Mais comme tu le signale avec Attila, je pense que ça viendra. Avec les méfaits qui suivront ( Wikipedai est quand même sujet à de nombreux scandale : nucléaire aux élections, WikiScanner .... ) . Mais c’est de plus en plus accessible. Les journées du patrimoine fonctionne quand même pas mal, les prix baissent, et les actions gratuites se multiplient.

    Tout n’est pas foutu :).

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 18:31, par Attila

    Et si mes souvenirs sont bons, quand j’étais plus jeune, j’avais accès a tout le contenu (musique, littérature, Bd, video) de la médiathèque de ma ville (Chambéry) pour seulement 10 francs par an. Le Louvre est quasi gratuit pour pas mal de monde. Et en France l’école est encore gratuite. Je pense que se cacher derrière le prix est une fausse excuse. La culture est accessible pour beaucoup et pour pas cher, mais elle nécessite un effort intellectuel qui est forcément plus violent que d’allumer sa télé...

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 18:56, par Anna Coluthe

    c’est vrai qu’il faut parfois se faire violence pour aller à la culture sinon celle-ci ne vient pas à nous. Allumer la télé n’est pas forcément nul quand on acquiert un esprit critique. Mais encore une fois, comment l’acquérir si on ne s’en donne pas les moyens ? si on n’en a pas les moyens ?

    Peut-être que je me réfugie derrière de fausses excuses, qu’effectivement il y a la possibilité de faire des trucs intéressants et gratos (encore que la gratuité ne soit pas forcément positive en soi puisque ce qui est gratuit jouit souvent d’une impression négative). Tout a un prix car rien ne se vaut...J’ouvre là un autre débat j’en suis désolée.

    Bref, si l’on ne paye pas, on a parfois l’impression (fausse) d’assister à un truc au rabais ou trop populaire, ou populiste (du pain et des jeux comme le concert du 14 juillet à Paris). Patience, j’en viens à ma conclusion : je suis prête à me déplacer ( 15’ dans ma petite voiture, le trajet t’a semblé long Keraoc ? :) , à payer 12 euros pour une expo d’art contemporain vantée un peu partout comme étant le nec plus ultra de ce que certains artistes des seventies ont fait, c’est pas la ruine ok ; mais une fois sur place, que ce soit payant ou gratuit, force est de constater que la mission de tout musée, de toute expo, devrait en tout premier lieu être de rendre accessible l’art, un minimum en tout cas...Laisser le spectateur perplexe, dubitatif, au pire écoeuré, ce n’est pas l’aider à se forger un esprit critique...

    Voilà donc où je voulais en venir, la démocratisation, la vulgarisation sont essentielles...Il faut réfléchir à un accès intellectuel autant que matériel ...Là nous avancerons dans le bon sens.

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 18:58, par Pedrof

    @jojo : "L’idée avancée par Pedrof, et pour une fois je le rejoins" Attention, tu te laisses envahir par le côté obscur de la Force ;) Pour l’expression que j’ai employée, je suis d’accord qu’elle est naze. Je la rectifierai en disant simplement que beaucoup de gens ne sont pas intégrés à la société telle que nous l’entendons (un travail, des règles de vie) - des gens d’ailleurs qui ne vivent pas que dans les banlieues - et je crois que c’est un problème, premièrement pour eux, qui vivent dans des conditions où des principes archaiques régissent leur existence (loi du plus fort, etc), et deuxièmement pour nous, c’est-à-dire nous ET eux, car le fossé est tellement grand entre nous qu’il est très difficile de vivre ensemble, voire de survivre (je m’avance, je sais), ou tu du moins d’avoir des échanges constructifs avec eux, eux qui sont d’ailleurs ainsi totalement isolées de notre société. J’espère être clair, demandez-moi si c’est pas le cas.

    A quoi je pense quand je dis ça. A pas mal de villes où il faut reconnaître que se balader dans la rue de nuit voire de jour sans se faire brancher relève du coup de bol. Et ça perso, ça me révolte profondément. La faut à quoi ? A la pauvreté, au chômage, pour les banlieues au fait qu’ils soient isolées... Ces personnes sont dans la misère, elles n’ont rien à espérer de la vie et voilà quoi, elles doivent faire de la merde, elles n’ont que ça à faire, vivent dans un milieu où on ne les aide pas... On laisse crever les gens dans notre société, c’est un fait, nous avons des existences assez individualistes... Il est très facile de retrouver tout seul et personne ne vient te tendre la main.

    @keraoc : Attention Kera, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. On est d’accord, pour l’instant les jeux vidéo ne diffusent pas de manière remarquable beaucoup d’idées ou ne s’impliquent pas pour la plupart dans des problèmes de société. Je voulais souligner juste qu’à mon sens ils possèdent un large potentiel pour toucher le public, et disposent d’une énorme cible de consciences à réveiller. Le jour où les jeux vidéo se mettront à réfléchir (et s’ils deviennent peut etre plus accessible) il y aura du monde pour écouter la leçon. Et je rajouterai de la même façon que là où le jeu a un atout par rapport au cinéma, c’est au niveau de sa durée et de l’état d’esprit du joueur quand il joue. Le jeuu vidéo est une activité, du moins concernant les jeux d’aventure, où l’on joue posé, l’esprit reposé et surtout de longues heures durant. L’idéal pour développer des idées à travers une histoire et une exploration d’un monde en 3d.

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 19:20, par Anna Coluthe

    @Pedrof : "La faut à quoi ? A la pauvreté, au chômage, pour les banlieues au fait qu’ils soient isolées..." la pauvreté et la misère ne sont pas de nouveaux fléaux, ça a toujours existé et je trouve que tu fais grave dans le Zola...Ce qui est nouveau, c’est que les médias se servent de cet alibi-là pour expliquer ce fameux sentiment d’insécurité que tu sembles toi-même ressentir.

    "le fossé entre EUX et nous", ça craint comme expression ! on croirait que tu parles d’une peuplade ! et puis ça ressemble un peu à la France d’en-haut et d’en-bas...

    Explique-moi plutôt pourquoi on n’arrive plus à communiquer avec des gens qui vivent sur le même sol...C’est ça qui est important : comprendre comment on en est arrivé là et non balancer des truismes, des lieux communs. Je parle en connaissance de cause : je ne suis pas issue d’un milieu favorisé, bien au contraire, mais jamais je n’ai eu la tentation d’attaquer des gens avec un pittbull, jamais je n’ai eu l’impression de ne pas appartenir à la société...On n’a pas tous les mêmes chances au départ, mais c’est à la société de donner à chacun les moyens de se faire sa place...Et ce que la majorité des jeunes entendent de la société, en voient, c’est à travers la télé, la pub...Bref une vision orientée consommation, satisfaction immédiate, sans aucun idéal. Il nous appartient donc de montrer ces idéaux, de les faire valoir, de les ériger en valeurs sûres . L’égalité ne passe pas pas exemple par le fait de porter telle ou telle marque, mais par la chance de pouvoir s’impliquer dans cette société, de voter.

    C’est ce discours-là qu’il faut tenir : être alarmiste ne fait rien avancer. Prôner de vraies valeurs et les appliquer individuellement, c’est avancer...Tendre la main à l’autre, c’est à toi d’en décider...Nul besoin qu’on t’y invite.

  • Le réveil des consciences 26 septembre 2007 19:38, par Pedrof

    @Anna : "ce fameux sentiment d’insécurité que tu sembles toi-même ressentir." Je t’avoue que justement ce n’est pas moi que ça concerne en premier. J’ai toujours vécu dans un milieu rural, et n’ai jamais eu à me plaindre d’insécurité urbaine. Si j’en parle aujourd’hui, c’est que j’ai écouté beaucoup de citadins me parler de comment ça se passe là où ils vivent, des amis ayant eu de mauvaises expériences dans la rue... Et c’est cela qui me révolte : le fait que dans notre société et notre milieu tous deux dits "civilisés" on ait ce genre de soucis. Tu présentes les raisons que j’ai évoquées comme dépassées et utilisées comme alibis par les médias. Mais comme alibis pour quoi ? Et pour cacher quoi ? Dire que son pays est pauvre n’est en aucun cas positif et ne soulage en aucun cas la responsaibilité de notre gouvernement dans cette histoire. C’est quand ils disent "le froid a tué xxx centaines de personnes cet hiver" que là, c’est un alibi ; car ce n’est pas le froid qui tuent les personnes mais bien le fait qu’elles soient dans la rue, et ça le gouvernement c’est son boulot de l’éviter. Donc je ne vois pas en quoi parler de la pauvreté serait un alibi pour quiconque. Et d’ailleurs, dis-moi toi Anna, que vois-tu comme causes à ce problème que j’ai cité ?

    Le schisme entre "France d’en haut et France d’en bas" est malheureusement une réalité, quelque soit les mots que tu utilises pour le nommer. La différence entre moi qui regarde des films, suis en école d’ingénieur et parle à des gens qui ont mon niveau scolaire, et le mec et ses potes qui ont branché et cherché la bagarre à un de mes amis et un pote à lui un soir à Vizille est juste CONSIDERABLE. Ce serait se voiler la face de ne pas la reconnaître. Lui et moi avons des vies totalement différentes, vivions dans un milieu différent et partageons pour ainsi dire, rien. Lui vit dans un quartier sordide où les gens te disent de ne pas trainer la nuit, moi dans un appart en centre ville bien fréquenté. Mon paragraphe part vers l’abstraction, mais peu importe, ce que je voulais te dire c’est que cette différence que Sarko a évoqué est réelle - note bien que je ne porte pas à juger ici la sémantique qu’il a employé, on doit être tous ici convaincu que Sarkozy n’est pas Gandhi.

  • Le réveil des consciences 27 septembre 2007 12:06, par Anna Coluthe

    @Pedrof : ben...je croyais avoir été claire mais bon...Je ne nie pas que dans notre pays des gens soient pauvres, meurent de froid etc...ça m’afflige comme tout un chacun. Si tu me relis attentivement, tu verras que j’insiste sur le fait que je trouve regrettable cette incommunicabililté entre les personnes.

    Je tente de l’expliquer par la même fracture sociale que tu dénonces mais pas en focalisant sur ses effets dont tout le monde convient (misère, agression, économie parallèle...), je me concentre sur les causes, ce que les médias ne font pas en général. Ils récupèrent, tout, ces recycleurs du glauque : fait froid donc il va y avoir des SDF qui vont mourir, les jeunes des banlieues sont des sauvageons ou des voyous parce qu’ils sont dangereux et attaquent tout le monde (à noter qu’en cemoment ils s’attaquent entre eux, tu peux te promener pépère ailleurs qu’à Trifouillis-les-oies).

    Je disais donc que la société , l’image qui en est donnée à travers les médias, la publicité omniprésente, le diktat de la possession à tout prix, engendraient ce climat de haine, creusaient le fossé. C’est donc le discours de la société qu’il faut changer, le tourner vers un message politique au sens premier du terme. Si de ton côté tu as peur d’enjamber ce fossé, c’est sûr qu’on n’arrivera pas à communiquer avec "EUX",les AUTRES, Bouhhhh..

    La communication ça passe par le respect de l’autre...Tu discutes avec des gens qui témoignent de cette violence au quotidien...ben moi aussi, tout le monde connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui...Mais sans vouloir tout ramener à mon humble personne et te donner ici mon CV, je me suis occupée de délinquants violents qui venaient des cités, qu’avaient fait des trucs moches, et je te promets Pedrof que le seul fait de discuter respectueusement, de pas les prendre pour des merdes, de se débarrasser de tous ces clichés que tu cites, c’est suffisant pour passer le fossé. La faute à qui ? à la société ? mais la société c’est moi, c’est toi...

  • Le réveil des consciences 27 septembre 2007 15:17, par Pedrof

    Ok, et donc tu dis que les médias, les pubs, la société de conso nous encouragent à ne pas franchir ce fossé et à ne pas traiter ces gens avec respect ? Ouais je suis d’accord avec toi. Je pense aussi que les traiter avec respect et leur parler comme on parle à un autre (et surtout pas avoir peur d’eux) est bien pour franchir le "fossé". On est d’accord ;) (victoire)

  • Le réveil des consciences 27 septembre 2007 15:41, par Keraoc

    ( kera ferme ta geule ... ferme ta geule .... chut .... voila ... calme .... )

  • Le réveil des consciences 27 septembre 2007 17:14, par Anna Coluthe

    @Pedrof :"Je pense aussi que les traiter avec respect et leur parler comme on parle à un autre (et surtout pas avoir peur d’eux) est bien pour franchir le "fossé". -> J’espère que t’es pas ironique là ? J’ai pas dit "leur parler comme on parle à un autre", j’ai dit "discuter avec eux respectueusement"...Je t’assure que ce n’est pas une subtilité de la langue française. L’exercice de la discussion, cher à Diderot, est le signe même du respect et l’envie mutuelle de partager...Je ne reconnais pas mes propos dans ton interprétation qui me donne l’impression encore une fois que tu parles de gens différents de nous, de toi et moi, voire d’animaux que l’on pourrait domestiquer.

    Moi je ne vois pas pourquoi j’aurais peur de qui que ce soit car j’ai confiance en notre part d’humanité, ce que nous partageons tous, quelque soit notre origine, notre culture. Partant de ce principe, de quoi devrais-je avoir peur ? Ha si, j’ai bien une petite idée là...Mais je la garde pour le mois/mot prochain. Pour ma part, je ferais bien un copier/coller du commentaire d’Attila - 25 septembre 2007, 14:59, le plus sage d’entre nous, ce qui n’est pas évident avec un tel pseudo :) je cite donc : "L’espoir c’est de se dire que même si on est minoritaire, la vérité finira toujours par triompher. Il faut être confiant, patient et engagé." Tout l’objectif de mon article était de parvenir à cette conclusion : réveillons nos consciences...Il est temps, il sera toujours temps...

  • Le réveil des consciences 27 septembre 2007 17:32, par Pedrof

    ouais ouais, t’inquiète pas, j’ai bien compris ce que tu disais, je l’ai mal exprimé, mais c’est bien "discuter respectueusement" que je voulais dire.

    massive private joke : "la vérité finira toujours par triompher" Il doit y avoir une soixantaine de commentaires sur une certaine page de mouton-rebelle qui réfute toute idée de "vérité"...

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