Marco est photographe. Marco a photographié la mort, la famine, la misère, le sida, le chomage, la peur. Mais Marco la, c’est un peu le ras-le-bol général, alors il s’exile, c’est un peu son "blackout". Il arrète sa thérapie, et rentre tout seul, dans sa maison de campagne, et cherche a s’éloigner des horreurs qu’il a vu. Il prend son ordi, et sa guitare sous le bras, son chat en écharpe (il l’a appelé Adolf, rapport à la psychologie du félin, pas franchement du genre commode), et met les voiles.
Et la commence pour lui une vie nouvelle. Tout d’abord la solitude, le calme. L’amour aussi, car malgré son caractère pas vraiment commode, Adlof lui permet d’attirer les faveurs de la douce vétérinaire, et l’amitié aussi, sous les traits de son vieux voisins, une amitié occasionnel mais très psychologique. Voila maintenant à quoi consiste la thérapie de Marco. Mais la vie porte en elle son flot de malheur, l’amour n’est pas si confortable et demande des sacrifices, son voisin tranquille ne l’a pas été toute sa vie, le paysan d’en face réunion de haine et d’esprit étroit, la vieillesse et ses maladies, l’omniprésence des crises d’angoisse.
Et à travers tout ca, Marco va s’ouvrir réellement aux autres, se réconcilie un peu avec lui même, avec la nature, et avec les autres.
En me baladant a la Fnac suis tombé sur cette album de Larcenet. Deja la première de couv’ a tout de suite attiré mon regard, un homme perdu dans ses pensées avec un chat au creux de ses bras, tout de suite on sent le truc qui va être un peu blazant quand même. Donc je me sens dans la tranche de personne intéréssé. Pis le style de dessin m’a vageument évoqué quelque chose, un style de dessin genre Collection Poisson-pilote (pour ceux qui connaissent pas : maison d’édition des éditeurs de l’Association : SFar, Larcenent, Trondheim etc). Mais dans une autre collection. L’intrigue commence. Maintenant j’en suis, c’est de Larcenet (oui c’est écrit son nom dessus). Je sais alors que je n’ai meme pas besoin de feuilleter. Les caisses c’est par où ?
Et je ne me suis pas trompé, cet album vaut vraiment le coup. Il fait apparement parti d’une longue série d’album autobiographique, pas forcément directement mais un peu. Cette série est composé de le Retour a la Terre (Tome3 dispo dans toutes les librairies), Nic Oumouk, et donc le Combat Ordinaire. Ici, il se consacre a une partie assez grise de la vie, celle de la remise en question. Que fais-je ? Pourquoi ? A quoi je sert ? Suis-je a ma place ?
Donc je commence à lire, et après malheureusement quelques minutes (oui le seul point faible : trop court, comme tout ce que l’on aime) et là c’est ce moment de solitude qu’on éprouve en général après avoir lu ou vu ou écouté un truc assez blasant qui pousse a nous dire "Hé ben merde alors". Ou un truc comme ca.
Car cet album est assez épatant. Tout d’abord la moitié des passages sont ironiques au possible, le chat est terrible, la vétérinaire plutot mignonne et gentille, attachant quoi.
Enfin c’est le kiff quoi.
Que dire de plus.
C’est un combat ordinaire, auquel nous sommes tous confronté un jour
Ha non on peut aussi dire qu’il a recu le Prix du festival de la bd d’Angoulême (2004), c’est pas un argument pour donner envie de lire, mais c’est juste au passage.

