mouton.rebelle

Grindhouse

un genre revisité

lundi 3 septembre 2007, par Anna Coluthe

"Grindhouse" est un diptyque composé de "Death Proof" réalisé par Q. Tarantino et "Planet Terror" de R. Rodriguez. Tous deux revisitent un genre un peu glauque du cinéma américain des années 70 dont le succès tenait essentiellement des "shock exploitations" ou surexploitation de la violence sous toutes ses formes...

Les films Grindhouse se regardaient à l’origine dans des cinémas de quartier un peu pourrave ou dans des Drive-in guère plus reluisants. Qu’est-ce qui a poussé deux réalisateurs aussi talentueux à mettre à l’affiche ces trailers consacrés pour le premier à la course-poursuite infernale et pour le second aux films d’horreur gore ?

J’ai essayé d’y répondre en cherchant ce qui pour ma part, m’avait littéralement laissée une impression de nouveauté, de voir des O.V.N.I. et d’assister à la naissance d’un nouveau concept... Deux principales raisons me paraissent le justifier.

Le pastiche admiratif d’abord :

Oui, même si l’expression peut paraître antithétique, là où l’on pouvait s’attendre à du grandguignolesque, je n’ai vu que de l’admiration dans la dérision. Tout est cliché, déjà vu et surprend pourtant. On est totalement pris par le rythme et le stress provoqués par les poursuites de Death Proof par exemple, et le dénouement est aussi surprenant que jubilatoire ; Planet Terror, gore à outrance, parvient à nous dégouter et nous faire rire en même temps. La tonalité du dyptique est étonnante aussi : du 5ème degrè au moins !!! Des répliques d’anthologie pour le coup (on les a toutes déjà entendues), des personnages caricaturaux jusqu’à l’auto-parodie de Bruce Willis qui prononce par exemple ses phrases habituelles comme :"j’ai promis à mes gars que je reviendrai les sauver". Bref, ça ressemble à..., ça a la couleur de ...mais c’est encore mieux !

Le regard tendre sur une époque révolue ensuite :

Qu’est-ce qui nous plaît dans ce clin d’oeil à un cinéma quelque peu désuet, presque nanarre ? Comment expliquer l’engouement pour une époque, un genre qui deviendrait quasi-emblêmatique et de quoi ? Pas la nostalgie je pense : ce n’est pas la nostalgie qui fait qu’à 20 ans par exemple, on kiffe les tout-premiers jeux vidéos ou le Pixel art...C’est au-delà de ça : c’est une plongée dans un univers inconnu qui procure de nouvelles sensations...Les craquèlements de la bande-son, les sauts d’images, la B.O., le jeu surfait des acteurs... A l’heure où le réalisme démystifie tout, ôte toute magie, on vient goûter à la source pure, on retrouve l’esprit pionnier et on apprécie. Il y a avec ces deux films, malheureusement diffusés séparément en France, une complicité, une connivence entre les réalisateurs et les spectateurs qu’on n’a pas habituellement. Le spectateur sait que le réalisateur se moque de ce qu’il aime et rit donc avec respect. Le maître dit : " Regarde, ris et admire...".

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2 Messages de forum

  • Grindhouse 6 septembre 2007 11:37, par keraoc

    Qui aurait pu croire que Tarantino possédait encore tant de talents ? Que Rodriguez possédait tant d’humour et d’ingéniosité ?

    Ce sont des chefs d’œuvres. Ni plus ni moins. Les dialogues n’ont jamais été aussi bon que dans Death Proof, la caricature et les palimpsestes jamais aussi recherchés que dans Planet Terror.

    C’est ce cinéma la qui nous donne envie de participer, d’acheter et de faire prospérer les acteurs du milieu. Un cinéma qui nous montre que le 7° art peut encore nous étonné et possède toujours des réalisateurs talentueux.

    ( Si anna le permet, je ferais une critique détaillé des deux ).

  • Grindhouse 14 septembre 2007 12:24, par jojo

    Juste pour info : à l’origine ils étaient prévus pour sortir séparément ; un ami américain m’a parlé d’une version qu’il aurait obtenu par des moyens douteux de Death Proof qui dure 1h50. Seulement le public avait du mal à apprécier la finesse des dialogues, et pour éviter de faire un bide commercial ils ont taillé dans le vif et casé les deux films en un seul sur le territoire US.

    Globalement on est donc plutôt chanceux d’avoir deux sorties indépendantes en Europe.

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