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Dead Or Alive I-II-III

samedi 25 mars 2006, par CalLightman

Takashi Miike signe une trilogie originale, déjantée et profonde, servie par un duo d’acteurs attachant.

Vous connaissez peut-être Takashi Miike, le génial réalisateur d’Audition (perso c’est avec ce film d’horreur que je l’ai connu). Et bien voici sa trilogie Dead Or Alive : 3 films n’ayant à avoir en commun ni le lieu, ni l’époque, mais seulement 2 acteurs de talent : Sho Aikawa et Riki Takeuchi, vu dans Battle Royale 2.

3 films, 3 genres : le premier DOA est un polar de yakusas remplis de scènes d’anthologie : l’intro, débordante de violence grand-guignolesque, et la fin, grand n’importe quoi ne se prenant pas vraiment au sérieux, en sont de bons exemples. Ce premier volet est assez lent. En fait il permet bien d’introduire l’ambiance de la série, de brosser des portraits des héros assez pessimistes. Concrètement on s’ennuie un peu, sauf dans les scènes saugrenues (genre quand le flic demande des infos à son contact, en train de réaliser des vidéos zoophiles avec... un chien). Après DOA1, on a passé le plus dur, on connaît les personnages et on est prêt à apprécier la suite de la série à sa juste valeur.

Dead Or Alive 2 raconte l’histoire de deux tueurs à gage concurrents qui se reconnaissent un jour et se rappellent alors qu’ils étaient amis d’enfance. Ils reviennent sur les lieux de leurs jeunes années : une île paradisiaque. Leur petit parcours semble hors du temps : cette partie du film est très nostalgique. Les décors sont magnifiques, les héros nous deviennent sympathiques et on reste captivé jusqu’au dénouement de ce second opus.

Le troisième volet enfonce le clou : à la fin on est définitivement conclu d’avoir été acteur d’une expérience cinématographique majeure. Pourquoi cela ?

D’abord parce que DOA3 confirme l’audace du réalisateur et de sa série en situant le cadre de ce troisième épisode dans un Tokyo futuriste dévasté et en abordant ainsi le genre de la science-fiction. Ici encore, on admire encore la virtuosité de la mise en scène de Miike dans les scènes d’action, son inventivité éclatante (pour moi la séquence de la déclaration sur la plage restera anthologique - j’étais mort de rire), et au final, la profondeur de son propos : lors de l’épilogue, quand on revoit des séquences des trois films, on repense aux trois vies qu’ont eu nos deux comparses avant de faire ce qu’ils font lors de cet épilogue (je n’en dirai pas plus), comme on revoit des brides de moments vécus disparus à jamais dans le passé que seule la mémoire peut raviver.

Une drôle, singulière et très agréable expérience que cette trilogie.

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