Amateur de film con, on m’avait chaudement recommandé ce petit film d’horreur en maison de retraite que j’avais malheureusement raté au cinéma. On ne m’avait pas menti, même dans sa version française aux doublages dignes de Preuves à l’appui.

Comme pour tout film con qui se respecte, l’histoire tient sur un string de Paris Hilton. Dans une maison de retraite, oubliés de tous, Elvis et JFK finissent leurs jours. Car oui, Elvis et JFK ne sont pas morts !! Le premier a secrètement échangé sa place avec un de ses sosies au faite de sa gloire pour sortir de la célébrité et goûter à nouveau aux joies de l’anonymat et retrouver le contact du public. Le second n’a pas été tué par Lee Harvey Oswald comme le prétend la version officielle. Que nenni, tout ceci serait bien trop facile. Vous pensez, tuer un président gênant, c’est terriblement banal et pas suffisamment mesquin. Suite à un changement forcé de pigmentation, ce bon vieux JFK est donc aujourd’hui noir et pense que son cerveau lui a été retiré et remplacé par un sac de sable… Comme si tant de réalisme et de vérité historique ne suffisaient pas à asseoir la crédibilité du film, la maison de retraite va être le théâtre du retour à la vie d’une momie égyptienne à santiag et chapeau de cow-boy, bubba ho tep (de Bubba, synonyme de redneck en gros et ho tep pour faire vieille égypte, une momie redneck en somme…), qui aspire les âmes par le croupion.

La fine fleur des années 60 va donc faire équipe et tout essayer pour ne pas se faire sucer le trou. Analyse de la situation, planification de la marche à suivre, regroupement du matériel nécessaire, courses poursuite et baston, tout y passe… version gériatrique, c’est-à-dire avec prostate fuyante, grosseur inexpliquée dont tout le monde se fout sur la bite, déambulateur et fauteuil roulant. Voir ces deux vieilles stars essayant lamentablement de reconquérir un peu de leur gloire passée (ah Elvis en costume de la grande époque et déambulateur, esquissant qq mouvements de kung-fu… un grand moment), de se prouver qu’ils sont encore autre chose que le prochain numéro de la faucheuse est profondément jouissif. D’un sérieux à toute épreuve dans des situations complètement loufoques, Elvis et JFK finissent de construire le burlesque d’un film qui rentre définitivement dans le panthéon du genre. Con et assumé comme tel, en général un bon mélange. Pour le reste, la majorité du film, rien ne sert de plus le déflorer. Un film con, ca se découvre.

Au-delà de l’absurde et du mélancolique, Bubba ho Tep regarde avec nostalgie une Amérique perdue personnifiée par Elvis (joué par Bruce Campbell, magnifique comme toujours depuis les Evil Dead) et débouche sur une vision touchante et qq peu désabusée de la vieillesse et de la déchéance physique. Comme dans les meilleurs films cons, le con vient se greffer sur une trame pas si conne que ca, sensible même, que le réalisateur distille avec modération et justesse. Il s’agirait de ne pas oublier l’objectif premier : le con.