J’aimerai cette semaine vous parler de quelque chose qu’il faut absolument que je sorte. Je le retiens depuis samedi et là vraiment je n’en peux plus il faut que ça sorte vous comprenez. Donc la galerie de pétasses, ou comment être tendance hype top de la mode et finalement passer un samedi après-midi marrant en centre ville.
Samedi après-midi je suis allée me balader en centre ville avec ma copine Natacha (oui, je sais il faut être con pour mettre les pieds en centre un samedi après-midi mais on avait pas le choix) et on a pu voir toutes les pétasses possibles et inimaginables, parfois même 3 voire 4 au mètre carré. Alors comment se faire plaisir au cÅ“ur de l’enfer, comment les reconnaître et pour celles qui auront la chance de lire ceci, comment aller à fond dans la pétassitude. Donc cette saison je vous le confirme, comme toutes les saisons la connerie se porte très haute et l’intelligence transparente (merci à Guillaume pour la formule).
Vous avez tout d’abord la pétasse typique, c’est-à -dire la pétasse de banlieue (bien implantée en centre le samedi après-midi). Vous la reconnaîtrez tout d’abord par son aspect ratonne. Je veux bien sur entendre par là des fringues H&M : courtes, soit disant sexy (avec des jeans non plus taille basse mais toison haute) et sans forme véritable, la particularité de ces fringues étant qu’elles ne supportent pas plus d’un lavage. Au niveau de la gueule vous noterez le petit côté truelle qui concerne l’étalage du fond de teint, le rouge à lèvre contour des lèvres pour faire une superbe bouche vers laquelle ces messieurs se tourneront volontiers (le nom de cette bouche étant en effet dans leur langage courant une bouchapip), et des couleurs plutôt sombres au niveau des yeux, des cils ultra longs avec très souvent des gros paquets de mascara en haut du cil (ben oui, elle achète ses fringues à H&M, vous croyez quand même pas qu’elle va acheter son maquillage chez Dior ?). Au niveau du parler, ça parle d’jeuns (j’ai oublié de vous dire que la moyenne d’âge de la pétasse typique est de 15 ans). Ca parle banlieue, ça parle tendance et ça voudrai bien se taper (tout est relatif bien sûr, ça voudrait bien avoir une big love story de la bombe ta race qui déchire ta reum) avec Passy.
Passons ensuite à la pétasse intellectuelle. C’est une pétasse qu’on voit plutôt chiner du côté des bouquinistes. Ca s’habille plutôt chic sans forcément mettre trop cher dedans mais ça reste raisonnable au niveau vulgarité. Elle se reconnaît par son côté qui tord du cul sans pouvoir s’en empêcher. Et puis ça a plein de sacs de livres sous les bras. Il existe toutefois un moyen infaillible de les reconnaître, elle sont souvent accompagnées d’un pseudo intellectuel pour les plus futées, sinon d’un blaireau complètement con accroché aux bras. Moyenne d’âge, 20-25 ans. Passé 25 ans on appelle plus ça une pétasse mais un cas pathologique.
Il y a aussi la pétasse qui débute. J’avoue avoir une petite larme à l’Å“il rien qu’en pensant à elle, mais je n’arrive pas à savoir si c’est une larme d’émotion ou de rire. Elle est mignonne celle là . Etant donné qu’elle débute, elle ne sait pas. Elle essaie mais non, c’est une catastrophe. Donc en tant que future pétasse typique, elle s’habille comme une pute, et se maquille à peu prés pareil. A peu prés seulement. Son inexpérience fait que… comment dire… ben ça se voit quoi. Alors tout d’abord le trait contour des lèvres est une catastrophe. Comme ça ne sait pas faire, le trait en général n’est pas droit, ce qui fait que la bouchapip tellement appréciée de nos blaireaux devient une espèce de trou béant (mesdemoiselles, par pitié, pensez à vous décolorer la moustache, merci). Ca porte une minijupe avec des collants la plupart du temps maillés (et oué, pour éviter de niquer ses collants avec ses pompes, faut mettre des petites chaussettes les filles). Ca associe sans aucuns problèmes des couleurs à tomber par terre. Les lèvres roses avec du fard à paupières bleu… jusqu’au sourcils le fard à paupières bien sur, si ça tenait juste sur la paupière ça serait tellement moins drôle. Et surtout, elle est reconnaissable au premier coup d’Å“il, même de dos, parce que… (Roulement de tambour) et bien les talons hauts voyons ! Alors mesdemoiselles s’il vous plait, par pitié, ne sortez pas dans la rue avant d’avoir appris à marcher sur des talons ! Alors on écoute Didoune et on répète : Je ne sors pas dans la rue un samedi après-midi avec des talons hauts quand je ne sais pas marcher avec. Parce que la pétasse qui ne sait pas marcher c’est quelque chose. Ma copine Cécile m’a donné un bon truc pour vous, il vous suffit de reculer votre pétassitude de trois semaines (oui je sais mes choutes, c’est long trois semaines) afin d’apprendre à marcher et ce tranquillement chez vous. En même temps je parle, mais se rendent elles compte qu’elles sont ridicules ? Rien n’est moins sur.
Une autre comique aussi, la pétasse qui se trompe de saison. Très marrante en automne, elle n’a pas encore assimilé le fait que les grosses chaleurs sont finies et que donc on ne met pas qu’une brassière blanche pour sortir. Sinon, au moindre coup de vent, au moindre passage à l’ombre, ça darde sévère (ou ça tétonne, au choix). Et sous un truc super moulant ça fait vulgaire et moche (compris les filles ? c’est pas beau bordel !!)
Mais tout cela concerne bien sur la pétasse des villes. Car savez-vous qu’il existe une pétasse de campagne ? Et oui, une pétasse avec des pommes de terre et des lardons. En fait la pétasse de campagne est une pétasse assez typique, mais plutôt grassouillette au cheveux gras, avec les bon petits abdos kro qui vont faire tout son charme (ami du bourrelet….).
Il faut toutefois noter que la pétasse est interchangeable. On peut être une pétasse typique et en même temps être une pétasse qui se trompe de saison. On peut aussi débuter et se tromper de saison (résultat carnageux comme dirait Laurent). On peut aussi débuter tout en étant un cas pathologique (ça s’est vu chez les 35 ans qui s’assument pas). Ou débuter à la campagne (imaginez le mix). Tout un florilège de possibilités pour égayer vos après midi en ville, faites vous une petite grille et cochez celle que vous croisez le plus souvent. Grâce à moi, vous pourrez peut être plus facilement vous sociabiliser (ou pas, moi je m’en fous en fait, le but c’est juste de se foutre de la gueule des gens).
Merci à Guillaume et Laurent pour leurs petites phrases assassinent que je m’approprie sans aucune gêne. Merci à Cécile pour ses conseils avisés sur l’apprentissage et l’apprivoisement des talons hauts (un guide est disponible aux éditions Gallimard) et sa vision de la pétasse de campagne. Merci à Natacha pour m’avoir ouvert les yeux sur les samedis après midis comiques. Merci enfin à vous, les pétasses, les quiches, les filles. Merci d’exister et d’égayer ma vie.
La prochaine fois on verra pourquoi Dieu est un con, non j’déconne, ça tout le monde le sait déjà .